Moïse Marcoux-Chabot

Le Machu Picchu se mérite

Huit jours plus tard et tant d’histoires à conter…

(En fait, j’ai écrit un très long message mardi dernier mais le destin a voulu que le café internet perde sa connection trois secondes avant que je ne l’envoie…)

Dimanche dernier, je suis arrivé à Cusco, capitale historique des incas et capitale actuelle des touristes. Oui, cette ville de 250 000 habitants est remplie d’étrangers et une bonne partie de l’économie est axée sur ce marché, mais Cusco n’en perd pas pour autant son charme. Des toits recouverts de tuiles rougeâtres aux rues pavées de pierre, en passant par les murs incas et le panorama, on en oublie presque les marchands ambulants, les revendeurs de tours guidés, les gamins qui nous supplient d’acheter leurs cartes postales et les cireurs de chaussures… Dans le centre de Cusco, des péruviennes se promènent avec leur costume traditionnel et leur bambin/chèvre/lama et proposent aux touristes des photos pour quelques soles… C’est un gros cirque, mais un cirque qui se déroule dans la bonne humeur et qui a son charme bien particulier. D’autant plus que quelques minutes de marche suffisent pour se retrouver dans les quartiers locaux, aussi vivants mais beaucoup plus authentiques, où l’on peut réellement sentir la culture péruvienne dans toute sa diversité.

C’est dans cette ambiance que j’ai retrouvé Dominic, sa copine Marie-Christine et leur ami Alexis dimanche soir dernier, avec comme objectif de vivre l’expérience du Machu Picchu ensemble. Il existe traditionnellement deux moyens pour s’y rendre: prendre le train de Cusco à Aguas Calientes (deux heures) pour ensuite monter sur le site en minibus avec la horde de touristes ou bien s’arranger avec une agence de voyages pour faire un trek de 2 ou 4 jours sur le Chemin de l’Inca. Nous voulions faire le trek, mais il n’y a plus aucune place disponible d’ici à la mi-août… Heureusement, des agences commencent à développer des treks alternatifs.

Mercredi dernier, nous nous sommes donc réveillés à 3h30 pour partir avec notre guide vers 4h… Le décalage péruvien aidant, nous avons quitté Cusco (3400m d’altitude) à 6h dans une minivan, en compagnie de notre guide Guido (!), d’un autre guide, du chauffeur, de deux hollandaises, d’une chilienne, d’une américaine et d’une belge. Les routes de montagnes montent, tournent, montent, tournent et montent encore, avant de redescendre, de tourner, de descendre, de tourner, de descendre, de tourner, de remonter… C’est à ce rythme que 4 heures plus tard, après avoir attendu une heure à un barrage de construction de la route, nous avons passé un col à plus de 4200 mètres… pour ensuite descendre dans la vallée sacrée des incas, beaucoup, beaucoup plus bas. De l’altiplano rocailleux, nous sommes passé à la selva, la jungle péruvienne.

En milieu d’après-midi, la minivan s’est arrêtée à Santa Maria, tout petit village perdu dans la verdure. Nos retards successifs ne nous permettaient pas d’entreprendre le trek de 7 heures comme prévu alors Guido nous a embarqué dans une autre van, avec un autre chauffeur, pour faire la moitié du chemin et finir la journée avec trois heures de trek.

Au passage, que ceux qui s’inquiétaient pour mon voyage de bus de Lima à Cusco soient rassurés: c’était un bus très moderne, avec deux chauffeurs, une hôtesse, des repas, l’air climatisé et un bingo aprés déjeûner…

Par contre, le voyage en minivan après Santa Maria valait à lui tout seul tous les clichés qui remplissent votre imagination, les cages à poules en moins. Pour les premiers kilomètres, le chauffeur a embarqué sur le toit une dizaine d’écolières, ce qui ne l’a pas une seconde empêché de rouler à 60 km/h dans les chemins de terre et de roche à flanc de montagne (au Pérou, les montagnes n’ont pas les flancs larges, mais pas du tout…). J’y ai découvert un nouvel usage du klaxon: avant de tourner, le chauffeur klaxonne un coup ou deux pour avertir de sa présence et si un camion qui vient en sens inverse fait la même chose, tout risque d’accident est évité. Assez régulièrement, il y a des petites croix sur le bord de la route…
Des centaines de virages plus loin, après avoir traversé une quinzaine de ruisseaux, croisé quelques camions et passé plus d’une fois à quelques pouces du bord des falaises, nous avons finalement quitté la van pour pénétrer dans la selva (une selva bien tranquille en comparaison avec celle plus à l’ouest, mais une selva tout de même…)

À la fin de la journée, après une pause bien méritée dans des bains thermaux le long de la rivière Urubumba, nous sommes arrivés à Santa Teresa, où nous avons passé la nuit. Le lendemain, départ à 6 heures pour grimper jusqu’en haut d’une montagne (3500m) par un ancien sentier inca, avoir un premier coup d’oeil lointain sur le Machu, redescendre, traverser l’Urubumba sur un petit pont, marcher 10 km sur une voie ferrée et finalement, 12 heures plus tard, arriver à Aguas Caliente en sens inverse de tout le monde.

Le lendemain matin, réveil à 4h, et début de la montée jusqu’au Machu à 4h30. Le site ouvre ses portes à 6h et tous les touristes qui ont passé la nuit à Aguas Caliente commencent à monter en bus vers 6h, par un chemin qui serpente sur une quinzaine de kilomètres, tandis que les marches de pierre montent directement. Ensuite, le flot de touristes qui arrivent par train de Cusco commencer vers 10h30. Ainsi, notre grimpette de 1h30 nous a permis de voir le lever du soleil sur le Machu, en compagnie des autres grimpeurs et des trekkeurs du Sentier de l’Inca… C’était… une expérience… indescriptible…

Après une visite guidée du site, nous avons tenté la montée du Wayna Picchu, le pic montagneux que l’on voit derrière le site sur presque toutes les photos. Ardu, mais l’expérience en valait la peine. Je vous laisse les photos pour vous faire votre propre idée.

La suite, bientôt…