Moïse Marcoux-Chabot

Rencontres interculturelles

Rencontres interculturelles au Cégep de Sainte-Foy

Texte rédigé par des étudiants du Cégep de Sainte-Foy, suite à leur expérience documentée dans le film Plume blanche, récit d’une rencontre interculturelle.

Le 21 mars 2009, un autobus partait en direction du site de Plume Blanche, près de la communauté innue de Mashteuiatsh, au Lac St-Jean, avec à son bord près d’une cinquantaine d’élèves du Cégep de Sainte-Foy. Le groupe était entre autres composé d’étudiants en anthropologie ainsi que d’élèves de la francisation qui s’embarquaient tous ensemble pour aller vivre une expérience innu-bliable.

Cette initiative en est une de Sylvain Marcotte, professeur en anthropologie au Cégep de Sainte-Foy, qui en tant qu’anthropologue, a à cœur l’intégration des immigrants et considère que le Cégep est un lieu favorable aux rencontres interculturelles. Au cours de la session, il a tout d’abord proposé aux étudiants de ses classes d’intégration en anthropologie de prendre part à diverses activités avec les classes de francisation. Ces derniers devaient réaliser leur Activité d’intégration des acquis en sciences humaines sur le thème des enjeux de l’immigration au Québec et il allait de soi qu’aller à la rencontre de nouveaux arrivants ne pouvaient que contribuer à leur faire mieux comprendre la réalité des immigrants. Discussions, ateliers dans les classes et sorties en groupe se sont déroulés tout a long de la session et ont fait naître de belles amitiés. Mais le point tournant de ce projet de toute une session a sans nul doute été la sortie à Mashteuiatsh. Quelques démarches de financement se sont avérées très utiles à la mise sur pied du projet qui, comme nous l’avons dit précédemment, s’est concrétisé en mars dernier.

À notre arrivée à Plume Blanche, Claude Boivin, propriétaire du site, nous accueille chaleureusement en nous saluant en langue innue. Après nous avoir souhaité la bienvenue, il nous invite à nous installer à notre aise dans l’une des grandes tentes chauffées ou alors, pour ceux qui n’ont pas froid aux yeux, dans un tipi traditionnel. Par la suite, divers ateliers nous sont proposés. Nous passons tour à tour d’un atelier de dépeçage de castor à une activité de traîneau à chiens, en passant par un atelier d’information sur la culture et la situation des Innus en territoire québécois. Après un après-midi bien rempli, nous nous réunissons tous à l’intérieur la maison de M. Boivin afin de déguster tourtière et petits pâtés à l’orignal. Une première pour plusieurs, québécois comme immigrants ! S’ensuit une présentation sur la spiritualité amérindienne, elle-même suivie d’une longue soirée de bavardage autour du feu, d’improvisation musicale et de danse au son des tam-tams, harmonicas, guitares, cuillères et didgeridoo.

Après toutes ces activités, une fois installés pour la nuit, ceux qui ont choisis une tente chauffée s’endorment paisiblement, tandis que les autres essaient d’oublier la température extérieure qui s’est considérablement refroidie et font expérience du mode de vie traditionnel innu. Le lendemain matin, tous se racontent comment ils ont vécu la nuit passée, tout en prenant un excellent déjeuner. Leur séjour tire déjà à sa fin, mais avant qu’ils ne partent, ils auront l’occasion de participer un atelier de réalisation de capteurs de rêves. Les deux magnifiques capteurs de rêves que nous avons tissés lors de cette activité sont le symbole des beaux liens qui ont été tissés entre les communautés innue, immigrante et québécoise.

De retour au Cégep, il était facile de voir la différence dans les rapports entre québécois et élèves de la francisation. Il y a à peine une journée de cela, ils ne se connaissaient pratiquement pas et deux groupes distincts se tenaient près de l’autobus avant le départ. Au retour, nous ne formions plus qu’un seul groupe ravi et uni par les expériences vécues au cours de la fin de semaine. Se saluant chaleureusement, tous se promettent de se revoir bientôt!

À la suite de la sortie à Mashteuiatsh, nombre de participants ont effectivement gardé contact entre eux et ont souhaité partager leur expérience, afin de promouvoir la continuité de ce type de projet fort enrichissant.

Auteurs:
Sophie Bastarache
François Germain
Anne Marie Lussier

Photos:
Stéphane Eduardo Longtin

Freesbee au milieu des teepees - Photo Stéphane Eduardo Longtin

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs requis sont marqués d'un *