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	<title>Moïse Marcoux-Chabot &#187; Pérou/Bolivie 2005</title>
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	<description>Spécialisé en anthropologie visuelle et conception web, passionné de cinéma documentaire et de photographie, j&#039;explore l&#039;univers du documentaire transmédia.</description>
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		<title>L’image et le voyage</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Mar 2006 06:35:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Moïse</dc:creator>
				<category><![CDATA[Anthropologie visuelle]]></category>
		<category><![CDATA[Archives]]></category>
		<category><![CDATA[Pérou/Bolivie 2005]]></category>

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		<description><![CDATA[Ça ne date pas d’hier que les voyageurs trimbalent avec eux des appareils photographiques pour saisir des moments de leur aventure ici et là. Mais ces images que l’on expose, encadre, projette et raconte sont-elles réellement situées, figées et terminées ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>(Quelques idées et beaucoup de questions, librement inspirées de l’anthropologie visuelle et de l’approche interprétative)</strong></p>
<p><a href='http://moisemarcouxchabot.com/2006/03/20/l-image-et-le-voyage/article-224-1/' rel="attachment wp-att-225"><img src="http://moisemarcouxchabot.com/wp-content/uploads/article-224-1-620x412.jpg" alt="" title="Ruelle à Lima, Pérou." width="620" height="412" class="aligncenter size-medium wp-image-225" /></a></p>
<p>Pourquoi l’attention du photographe a-t-elle été attirée par cette ruelle ? Peut-être s’agissait-il des couleurs éclatantes, de l’impression d’équilibre presque parfait, du vécu des dalles de pierre et des moulures de bois. On pourrait aussi croire que tous ces facteurs combinés à l’absence de passants créait une ambiance assez intéressante pour mériter qu’un appareil soit sorti de son étui et qu’un<br />
bouton soit pressé. </p>
<p>Certains y verront une porte d’entrée, d’autres un cul-de-sac. Les plus privilégiés apprendront de la bouche du photographe lui-même qu’il déambulait tranquillement dans le quartier de Barranco, à Lima, lorsqu’il a aperçu cet étrange passage. C’est la forme de l’arbre qui avait capté son regard et c’est l’arbre qui a été pris en photo. Ça y est, l’image est située, son sens est figé, son interprétation est terminée.</p>
<p>Ou peut-être&#8230; pas.</p>
<p>Ça ne date pas d’hier que les voyageurs trimbalent avec eux des appareils photographiques pour saisir des moments de leur aventure ici et là, qu’il soient beaux, drôles, émouvants, marquants ou simplement exotiques. La projection de diapositives au retour, les albums, les <em>scrapbooks</em> et les encadrements sont tous autant de moyens pour partager une expérience, communiquer un souvenir. Le développement récent de nouvelles technologies et outils de communication comme les appareils numériques, les téléphones portables munis de caméras et les <em>photoblogs</em> n’a fait qu’amplifier l’importance de l’image dans l’expérience du voyage. Mais ces images que l’on expose, encadre, projette et raconte sont-elles réellement situées, figées et terminées ? Que montrent-elles ?</p>
<p><a href='http://moisemarcouxchabot.com/2006/03/20/l-image-et-le-voyage/article-224-2/' rel="attachment wp-att-226"><img src="http://moisemarcouxchabot.com/wp-content/uploads/article-224-2-620x413.jpg" alt="" title="Portrait funèbre de Che Guevara." width="620" height="413" class="aligncenter size-medium wp-image-226" /></a></p>
<p>Une nature morte peut être bien vivante. Un portrait du révolutionnaire Ernesto Che Guevara quelques heures après sa mort sert ici de sujet principal. Quelques objets symboliques disposés autour du portrait, un focus sur les yeux du cadavre et voilà, l’icône d’une icône est figée dans le temps et dans l’espace. Mais si l’image est figée, son sens ne l’est pas. Car l’interprétation faite par celui qui regarde la photo dépend de sa connaissance du contexte. Sait-il qu’il s’agit du Che? Du Che mort ? Du Che mort en Bolivie ? D’une <em>bombilla</em> servant à boire le <em>maté</em>, boisson favorite du guerillero, à la droite ? D’un paquet de <em>maté</em> à l’arrière ? De monnaie bolivienne à gauche ? Sait-il que cette nature morte a été réalisée à La Higuera, le village même où l’homme fut exécuté ? Il y a en tout cas très peu de chances qu’il sache que la marque du <em>maté</em> rappelle étrangement la phrase codée qui a servi à donner l’ordre de mise à mort: « <em>Di buen día a papá</em> ».</p>
<p>Mais qu’il sache tout cela, qu’il perçoive la photo comme un triste pendant de l’idéal révolutionnaire récupéré par les compagnies de vêtements ou qu’il trouve simplement l’image harmonieuse, celui qui voit cette photo l’interprète. Cependant, il interprète des symboles mis en place de façon réfléchie. Que se passerait-il s’il observait les yeux d’enfants bien vivants au lieu du regard d’un mort ?</p>
<p>En effet, quand l’objet de la photographie de voyage est un être humain, la relation entre sujet, photographe et observateur est complexifiée par les multiples interprétations possibles faites par chacun de ces acteurs.</p>
<p><a href='http://moisemarcouxchabot.com/2006/03/20/l-image-et-le-voyage/article-224-3/' rel="attachment wp-att-227"><img src="http://moisemarcouxchabot.com/wp-content/uploads/article-224-3-620x413.jpg" alt="" title="Enfants près du Canyon de Colca, Pérou." width="620" height="413" class="aligncenter size-medium wp-image-227" /></a></p>
<p>La rencontre avec ces enfants a duré quelques minutes et le diaphragme du Minolta X-700 s’est ouvert un soixantième de seconde pour laisser pénétrer la lumière, mais cette image est figée pour très longtemps, jusqu’à la détérioration de son support matériel, et elle sera probablement vue par des centaines de personnes. Mais que voit-on exactement dans cette photo? Trois petits Péruviens en habits traditionnels ou l’interprétation que le photographe a fait de leur existence? Nécessairement il y a interprétation. Bien avant la rencontre, le voyageur avait construit cette photo dans son imaginaire. Cependant, la vision des sujets eux-même influence le résultat final. Ces enfants posent-ils pour le plaisir ou pour en finir au plus vite et pouvoir quémander quelques soles? Ne voient-ils que l’objectif pointé sur eux et le gain possible s’ils réussissent à correspondre à l’image qu’on attend d’eux ? Ou bien la portée de leur regard se rend-elle au-delà du filtre qu’est la caméra jusqu’à l’être humain qui la tient ? L’observateur peut en faire toute les lectures qu’il imagine.</p>
<p><a href='http://moisemarcouxchabot.com/2006/03/20/l-image-et-le-voyage/article-224-4/' rel="attachment wp-att-228"><img src="http://moisemarcouxchabot.com/wp-content/uploads/article-224-4-620x413.jpg" alt="" title="Vendeuse au marché des mineurs de Potosi, Bolivie." width="620" height="413" class="aligncenter size-medium wp-image-228" /></a></p>
<p>Il en va de même de cette vieille vendeuse du marché des mineurs de Potosi, en Bolivie. Son regard à la fois fuyant et attentif et sa présence, même sur papier photographique, imposent le respect. La scène est bourrée de symboles dont on peut ou non tenir compte. Feuilles de coca, cigarettes artisanales, alcool pur pour les offrandes rituelles à l’entrée de la mine&#8230; C’est tout l’univers de cette dame qui est représenté. Est-ce vraiment cela ? Ou s’agirait-il plutôt d’une création du photographe ? Qu’y a-t-il au-delà de son kiosque, en dehors de ce moment précis ?</p>
<p>Le photographe s’est peut-être trompé s’il voulait saisir l’univers de la vendeuse. Aurait-il dû se retourner et capturer tout ce que la dame voyait sur la place du marché pour y arriver ? La vision du monde qu’il a figé sur pellicule n’était pas celle d’une Bolivienne mais celle d’un québécois observant une Bolivienne. Un matin du mois d’août. 2005. Et dans une telle vision, les bordures sont les limites de la perception, le flou laisse planer le doute et l’interprétation permet de comprendre, à défaut d’expliquer.</p>
<p>Et le voyageur revient chez lui, tonnes de films à développer, de cartes-mémoires à décharger, de souvenirs à raconter. Les images et les histoires s’accordent si bien les unes aux autres. Le public en est avide. Mais pas trop. «Et puis, ton voyage ?» L’impression générale satisfait, les anecdotes cocasses ou exotiques suffisent, les clichés bien clichés impressionnent. Les détails ennuient. Chacun y trouve ce qu’il imaginait du voyage, se met à y rêver ou se conforte dans son immobilité.</p>
<p>Les photos et les histoires ne captivent pas très longtemps. Elles se font assez vite ranger quelque part entre deux livres à lire et quelques papiers à classer.</p>
<p>Et puis elles sont dépoussiérées. Le photographe se rappelle le récit de chaque image. Ou presque. Le flou artistique ne peut plus être éclairci, les zones d’ombre demeurent, la photo ne s’étend pas au-delà de son cadre. Il connait le contexte, mais lui, il l’a déjà interprété. Restent les autres&#8230; Alors il écrit un article, en se disant que même si l’objectif de l’appareil est un cadre et le sujet un miroir, il demeure sans doute tout un monde d’interprétations possibles&#8230;</p>
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		<title>Errance sans but ?</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Aug 2005 14:42:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Moïse</dc:creator>
				<category><![CDATA[Archives]]></category>
		<category><![CDATA[Pérou/Bolivie 2005]]></category>

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		<description><![CDATA[«El personaje que escribió estas notas murió al pisar de nuevo tierra argentina, el que las ordena y pule, yo, no soy yo, por lo menos no soy el mismo yo interior. Ese vagar sin rumbo por nuestra Mayúscula América me ha cambiado más de lo que creí.» (Le personnage qui a écrit ces notes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>«El personaje que escribió estas notas murió al pisar de nuevo tierra argentina, el que las ordena y pule, yo, no soy yo, por lo menos no soy el mismo yo interior. Ese vagar sin rumbo por nuestra Mayúscula América me ha cambiado más de lo que creí.»<br />
(Le personnage qui a écrit ces notes est mort quand il est revenu poser le pied sur la terre d’Argentine, et celui qui les remet en ordre et les épure, c’est-à-dire moi, n’est plus moi. Tout du moins, il ne s’agit plus du même moi intérieur. Cette errance sans but à travers notre Amérique Majuscule m’a changé plus que je ne l&#8217;aurais cru.)<br />
<em>Ernesto Guevara, Notas de viaje</em></p></blockquote>
<p>Sans commentaires. C&#8217;est trop évident.</p>
<p>À quelques jours de mon retour, alors que tout semble se précipiter, je manque de temps pour raconter de grandes histoires ou envoyer de nouvelles photos. Je me dis que ça n&#8217;en fera que plus à raconter en personne&#8230;</p>
<p>Sachez quand même que je suis parti de Sucre vers Potosi. J&#8217;y ai visité les mines du Cerro Rico, mines d&#8217;argent qui ont permis le développement du capitalisme aux temps de la colonie et où les hommes travaillent et meurent toujours, creusant au pic et à la dynamite.</p>
<p>Je suis passé par le plus grand désert de sel du monde, le Salar de Uyuni, pour ensuite m&#8217;extasier devant les grandes étendues désertiques, les lagunes colorées, les flamants roses, les geysers sulfureux et les rochers de pierre volcaniques du Sud Lipez.</p>
<p>J&#8217;ai vu le soleil se lever à travers les vapeurs d&#8217;un geyser bolivien à 4900m d&#8217;altitude et le même soleil se coucher dans l&#8217;Océan pacifique le long des côtes chiliennes.</p>
<p>J&#8217;ai survécu aux 20 heures de bus-collectivo-bus entre Iquique et Nazca (Pérou), avec en prime les formalités de sortie du Chili, les formalités d&#8217;entrée au Pérou, les douanes de sortie du Chili, les douanes d&#8217;entrée du Pérou, les douanes de sortie de la zone franche (libre de taxes) de la région de Tacna (Pérou), un contrôle militaire d&#8217;identité de tous les passagers du bus et une fouille policière du bus à la recherche de marchandise de contrebande&#8230;</p>
<p>Je reviens dans moins d&#8217;une semaine maintenant. L&#8217;université m&#8217;attend et, j&#8217;espère bien, quelques uns d&#8217;entre vous aussi.</p>
<p>Au plaisir !</p>
<p>Le petit voyageur qui voudrait bien être grand</p>
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		<title>Sur-vie et Café sucré</title>
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		<pubDate>Sun, 14 Aug 2005 16:44:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Moïse</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Pérou/Bolivie 2005]]></category>

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		<description><![CDATA[«La première condition pour changer la réalité consiste à la connaître.» Eduardo Galeano, Les veines ouvertes de l&#8217;Amérique latine «On ne laisse pas voir ce que j&#8217;écris, car j&#8217;écris ce que je vois.» Blas de Otero, poète espagnol antifranquiste Ici, je vois, je connais et j&#8217;écris. Et à défaut de changer le monde, je change [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>«La première condition pour changer la réalité consiste à la connaître.»<br />
<em>Eduardo Galeano, Les veines ouvertes de l&#8217;Amérique latine</em></p></blockquote>
<blockquote><p>«On ne laisse pas voir ce que j&#8217;écris, car j&#8217;écris ce que je vois.»<br />
<em>Blas de Otero, poète espagnol antifranquiste</em></p></blockquote>
<p>Ici, je vois, je connais et j&#8217;écris. Et à défaut de changer le monde, je change ma réalité.</p>
<p><strong>Sur-vie</strong></p>
<p>Quelques semaines de plus de vagabondage latino-américain pour moi. Et quel vagabondage ! Je suis resté à Santa Cruz jusqu&#8217;au 2 août (et non juillet). Ce jour-là, je me suis une fois de plus inséré sous mon sac à dos et je suis parti en direction de Samaipata, sur mon chemin vers Vallegrande. Après quelques essais infructueux pour trouver un autobus, je me suis rabattu sur une coopérative de taxis locale, où on attend jusqu&#8217;à ce que le véhicule soit plein, puis on part. Des plaines de Santa Cruz de la Sierra, j&#8217;ai commencé tranquillement à remonter vers les Andes, en passant par les vallées. Toujours, des paysages incroyables.</p>
<p>À l&#8217;arrêt de Samaipata, je devais avoir la tête dans les nuages car j&#8217;ai oublié de descendre. Quand j&#8217;ai réalisé mon oubli, nous étions déjà trop loin. Tant pis, me dis-je, je peux bien continuer jusqu&#8217;à Vallegrande&#8230; Sauf que le taxi arrêtait à Maraina, une vingtaine de kilomètres plus loin. Tant pis, me dis-je, je vais attendre le prochain minibus pour Vallegrande&#8230; Sauf qu&#8217;une demie-heure plus tard, on m&#8217;a appris que le dernier micro était déjà passé. Tant pis, me dis-je, je vais retourner à Samaipata en taxi&#8230; Une chance que cette fois j&#8217;ai réussi, car les trois jours suivants furent débordants d&#8217;une agréable combinaison de bonheur béat et de farniente sans soucis.</p>
<p>Samaipata est un petit village bien tranquille, assez touristique pour avoir des «infrastructures d&#8217;accueil bien développées» (merci, cours de géographie du tourisme!), mais assez authentique pour se mêler facilement à la vie locale. Quelques cafés sympathiques, une auberge géniale à prix génial, un climat parfait. J&#8217;ai assez vite fait la connaissance de Daniel (allemand), Michelle et Margot (deux soeurs belges), Clint (canadien) et Derik (irlandais), avec qui je me la suis coulé douce. De longues matinées à lire au soleil dans un hamac, de longs après-midi à nous baigner sous des chutes et à déambuler dans le village, de longues soirées à parler de tout et de rien sur la terrasse de l&#8217;auberge, verre de vin à la main&#8230; Comme disait Daniel, c&#8217;est le genre d&#8217;endroit où on pourrait se réveiller après trois mois sans avoir vu le temps passer.</p>
<p>Mais bon, trois jours plus tard chacun repartait de son côté. Le 5, j&#8217;ai loué un vélo de montagne et j&#8217;ai pédalé/sué jusqu&#8217;en haut d&#8217;une montagne, pour visiter les ruines El Fuerte de Samaipata. Un bon 90 minutes de montée sans arrêt. L&#8217;attrait principal du fort est son immense pierre centrale, de plus de 200 m de long, sculptée, gravée, creusée. Certains disent qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une piste d&#8217;atterrisage pour ovnis&#8230; Dans tous les cas, lieu mystique bourré d&#8217;énergie. La descente de la montagne fût presque aussi dure que la montée, considérant la qualité de la route et du vélo, dont le pied retombait tout seul à la moindre bosse. J&#8217;ai survécu et je suis revenu juste à temps pour attraper le bus vers Vallegrande.</p>
<p>Enfin, presque. Le premier m&#8217;a passé dans la face. Mais il y en avait un deuxième, où j&#8217;ai pû me trouver une petite place assis par terre dans l&#8217;allée. Je me suis endormi&#8230; Au réveil, le bus s&#8217;arrête. Dehors, la Coopérative agricole Vallegrande. Wow ! Ce fût rapide ! Je débarque, marche jusqu&#8217;à la place centrale, demande à quelqu&#8217;un s&#8217;il pourrait me recommander un bon hostal à Vallegrande. Sa réponse négative et son regard dubitatif commence à me faire douter. Je reviens sur l&#8217;Avenue principale et réalise que&#8230; Bordel ! Je suis seulement à Mairana, à 20 km de Vallegrande&#8230; Il me semblait aussi que les taxis me disaient quelque chose.</p>
<p>Par chance, je réussis à embarquer dans le bus que j&#8217;avais manqué à Samaipata. Bondé lui aussi, je m&#8217;assois dans l&#8217;allée pour un trois heures de route de plus. J&#8217;arrive finalement à Vallegrande en fin de soirée. Au moment de payer une chambre, je réalise que je ne n&#8217;avais pas prévu passer trois jours à Samaipata. Ni y profiter de la vie autant. Il me reste une centaine de bolivianos (15$CA). Et ici, pas de guichet automatique. Tant pis, me dis-je en faisant un budget serré, je devrais pouvoir visiter Vallegrande le lendemain, partir vers La Higuera, visiter, dormir une nuit, attraper un véhicule quelconque et débarquer à Sucre le 7 en soirée. Sauf que, une fois de plus, quel fol optimisme&#8230;</p>
<p>Le lendemain matin, j&#8217;apprends qu&#8217;il n&#8217;y a qu&#8217;un camion par jour vers La Higuera, très tôt. Tant pis, me dis-je, nous sommes le 6 août, fête de l&#8217;Indépendance de la Bolivie, et je ne suis pas si pressé. Quelques parades plus tard, je visite la lavanderie de l&#8217;hôpital où fût montré au monde entier le cadavre d&#8217;Ernesto Che Guevara en 1967. Ainsi que le lieu où son corps et celui des autres guerilleros fût enterré en secret, avant d&#8217;être retrouvés et exhumés en 1997, pour êtres envoyés à Cuba.</p>
<p>Dimanche matin, 7 août, j&#8217;embarque dans un camion rempli de campesinos et nous partons vers La Higuera. Par montagnes et par vallées, parfois la tête dans les nuages, je débarque 5 heures plus tard à La Higuera après un court arrêt à Pucara. Au risque de me répéter, c&#8217;est à La Higuera que le Che a été capturé et exécuté en 1967, après 10 mois de guerilla contre le dictateur Barrientos. Le village est minuscule, une quinzaine de familles y vivent. Partout, des peintures en hommage au guerillero. Sur la place centrale, un buste gigantesque. Deux mini-musées (dont un dans l&#8217;école où il mourut), une intéressante bibliothèque et des montagnes partout autour. Après avoir fait le tour et parlé un peu avec les habitants (qui se rassemblent chaque dimanche soir pour jouer au ballon), je passe la nuit sur place. Le camion, le lit et le souper payés, il me reste un misérable 10 Bs en poche. Tant pis, me dis-je, je ferai du pouce jusqu&#8217;à Sucre.</p>
<p>Sauf que je dois d&#8217;abord retourner à Pucara, sur la route &laquo;&nbsp;principale&nbsp;&raquo;. Lundi, après 5-6 heures d&#8217;attente et aucun véhicule, Irma Rosado, vieille dame qui m&#8217;a cuisiné un souper la veille, me donne quelques pommes de terre rôties pour dîner, en échange de mes derniers sachets de thé. En prévision de moments difficiles, je mets une patate de côté&#8230; on ne sait jamais ! Puis, sac au dos, j&#8217;entame la marche vers Pucara, une douzaine de kms de montée plus loin. Après 45 minutes, un camion de bois m&#8217;embarque. À Pucara, j&#8217;attends jusqu&#8217;à 6h dans l&#8217;espoir d&#8217;attraper un véhicule vers Sucre. Rien. Les hommes du village me laissent passer la nuit dans la mairie, après avoir mangé un bout de pain que je trainais depuis Vallegrande et ma précieuse patate.</p>
<p>Mardi, au lever, je trouve deux biscuits soda qui traînent dans la mairie, ainsi qu&#8217;un fond d&#8217;eau dans une bouilloire, un fond de café dans une armoire et un fond de sucre à côté. Un légers remords de conscience me traverse l&#8217;esprit, mais je dérobe les dits biscuits et me fais un café.</p>
<p>Puis, de 8h à 18h, dans le froid et la poussière, j&#8217;attends sur le trottoir sur le bord de la mairie. Deux-trois autos passent dans la journée, mais toutes sont pleines. Je devais faire bien pitié sur mon trottoir, car en après-midi un homme est venu m&#8217;offrir un plat de riz et un morceau de poulet. Du maigre dos de poulet, il n&#8217;est resté que quelques os. La peau, le gras, même le coeur et les poumons qui y étaient, j&#8217;ai tout dévoré. Et encore une fois, j&#8217;ai mis la moitié du riz de côté.<br />
Vers 17h30, un bus en direction de Sucre passe. Plein. Débordant de plénitude. J&#8217;ai failli en pleurer.</p>
<p>La mairie fermée, une heure de plus étendu sur un banc, à me demander ce que je devais faire. Je grommelais en maudissant mon infortune lorsqu&#8217;une très vieille dame est venue m&#8217;offrir de passer la nuit dans sa maison. Pas bien riche, elle m&#8217;a quand même donné deux bouts de pain et un thé. Je me suis endormi très vite.</p>
<p>Au lever, mercredi, rien à manger, rien à boire. La vieille dame m&#8217;a demandé 10 Bs pour le lit. Je lui expliqué ma situation, mais elle n&#8217;a rien voulu entendre. Je lui ai donc cédé mes 10 derniers bolivianos.</p>
<p>De retour sur la place, je grommelais en maudissant mon infortune lorsque&#8230;<br />
Lorsque rien. De 8h à 18h, rien. Une auto vers Sucre, bien pleine. Et mes poches vides. Et hormis le petit peu de riz de la veille, mon ventre, aussi.</p>
<p>J&#8217;ai vendu mon sac de couchage à un homme du village. 60 Bs.</p>
<p>J&#8217;en ai sacrifié 2 pour m&#8217;acheter un petit paquet de biscuits sodas et 4 clémentines. Un festin ! Finalement, un autre bus passe. Aussi plein que la veille. Le chauffeur ne veut pas me laisser embarquer. Mais la vendeuse du mini-marché, témoin de ma déconfiture depuis trois jours, réussit à le convaincre. À genoux sur un sac de riz, dans une allée aussi bondée que les sièges eux-mêmes, sur une route qui mériterait à ses concepteurs la cour martiale, je quitte enfin Pucara. Six heures plus tard et 20 Bs de moins, arrêt obligatoire à Villa Serrano pour la nuit. Un léger hamburger et petite chambre minable me coûtent 22 Bs. Il m&#8217;en reste 16. Le lendemain matin, jeudi, j&#8217;enfile mes souliers (en fait, depuis 4 jours, je n&#8217;ai fait qu&#8217;enlever et remettre mes souliers pour dormir) et je vais quêter un bus pour Sucre avec mon peu de monnaie. Un chauffeur pas trop méchant me laisse embarquer. En route, je ressens un sentiment de délivrance intense. En milieu d&#8217;après-midi, enfin, je débarque à Sucre, capitale constitutionnelle de la Bolivie. Je dois même demander au taxi vers le centre-ville de me déposer près d&#8217;un guichet pour pouvoir le payer.</p>
<p>Après ces privations, je me paie la traite. Un bon hôtel avec salle de bains privée, une douche chaude, un grand lit. Je vais dîner à côté dans un restaurant allemand, où je rencontre avec plaisir Daniel, l&#8217;Allemand de Samaipata ! Mon premier breuvage en 40 heures, mon premier vrai repas en 3 jours, je me paie la traite avec un gratin de tomates au basilic et un gâteau au chocolat de 20 cm de haut. Et ca se poursuit en soirée dans un resto français, salade d&#8217;écrevisses, truite gratinée au rochefort, jus de papaye, salade de pétales de roses, puis dans un café, crèpe au bananes nappée de crème et de chocolat et capuccino-amaretto&#8230;</p>
<p>Après avoir sous-vécu pendant 4 jours, j&#8217;ai sur-vécu pendant quelques heures. Quel bonheur !</p>
<p>N&#8217;empêche, ça laisse un arrière-goût désagréable. Le touriste, lui, peu importe les mésaventures qu&#8217;il vit, peut toujours finir par retrouver un guichet automatique et la béate sécurité qui vient avec.</p>
<p>Depuis, j&#8217;ai visité une tonne de musées, une bonne quantité d&#8217;églises et une paroi de 100 m par 2 km remplie d&#8217;empreintes de dinosaures. Sucre est la capitale constitutionnelle de la Bolivie, mais surtout sa capitale culturelle, débordant d&#8217;art colonial, d&#8217;architecture baroque, d&#8217;églises splendides, de trésors inestimables&#8230;</p>
<p>Mais dans quelques heures, je pars vers Potosi. De là, je prévois aller à Uyuni, faire une expédition de quelques jours dans le Salar de Uyuni, traverser au Chili puis remonter vers le Pérou.</p>
<p><strong>Café sucré</strong></p>
<p>J&#8217;étais dans ce café à Sucre, coeur culturel de la Bolivie. Nous parlions français, anglais, espagnol, allemand, italien et même quelques mots de portugais. Je ne connais pas leurs noms. Ils ne connaissent pas le mien.  Le temps d&#8217;une pointe de gâteau au chocolat, nous avons partagé nos origines et nos destinations. Bien que nos racines n&#8217;avaient rien en commun, nos branches ont frémi du même souffle un instant.</p>
<p>Et soudain je vois le monde entier.</p>
<p>De vos yeux.</p>
<p>Mon plus vieux frère en Allemagne. Rémi qui se promène en Europe. Adrien et Sophie en France. Dave, François G., Joëlle, Daphnée et Thomas au Vénézuela. François T. quelque part au Pérou. Bruno qui revient de Bolivie. Alex qui part bientôt pour l&#8217;Amérique Centrale. Émilie qui vagabonde toujours en Nouvelle-Zélande. Doum et ses 28 projets. Les autres qui m&#8217;échappent&#8230;</p>
<p>Quelle belle bande de voyageurs vous faites !</p>
<p>Le plus beau là dedans, c&#8217;est que nous reviendrons tous au Québec&#8230;</p>
<p>Avec des racines aussi entrecroisées et tenaces, ce n&#8217;est pas étonnant. Et encore plus naturel sera le feuillage foisonnant de vie auquel nos retours donneront naissance.</p>
<p>Dar a luz&#8230;</p>
<p>Mettre au monde un nouveau monde.</p>
<p>Mon frèrot, lui, se lance dans un autre voyage. Un qui les vaut tous. Enraciner un nouvel arbre dans une belle forêt comme la nôtre vaut toutes les ruines antiques du monde, aussi majestueuses soient-elles.</p>
<p>Que ceux qui restent partent.</p>
<p>Que ceux qui partent reviennent.</p>
<p>Et que ceux qui reviennent fassent l&#8217;amour.</p>
<p>À vous tous, mes amis, je lève mon sombrero.</p>
<p>Et à vous deux, Gabriel et Audrey, je voue toute mon admiration.</p>
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		<title>Un long fleuve tranquille</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Aug 2005 13:43:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Moïse</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Pérou/Bolivie 2005]]></category>

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		<description><![CDATA[«El Mar nos pertenece por derecho, recuperarlo es un deber. (La mer nous appartient de droit, la récupérer est un devoir.)» Devise des Forces Navales Boliviennes Devise pleine de ressentiment, faisant référence à la perte d&#8217;une large portion du territoire bolivien en 1879, lors de la Guerre du Pacifique. Tout son accès à la mer [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>«El Mar nos pertenece por derecho, recuperarlo es un deber.<br />
(La mer nous appartient de droit, la récupérer est un devoir.)»<br />
<em>Devise des Forces Navales Boliviennes</em></p></blockquote>
<p>Devise pleine de ressentiment, faisant référence à la perte d&#8217;une large portion du territoire bolivien en 1879, lors de la Guerre du Pacifique. Tout son accès à la mer a été perdu, au profit du Chili. Encore aujourd&#8217;hui, le souvenir de cette perte est présent dans le coeur de tous les Boliviens. Et les Forces Navales se contentent de silloner les différents fleuves.</p>
<p>Parlant de fleuves&#8230; On dit parfois que la destination n&#8217;a pas d&#8217;importance, que c&#8217;est le chemin pris pour s&#8217;y rendre qui compte. Il semble que j&#8217;aie appliqué cette formule à une partie de mon voyage. Embarqué le 23 juillet sur un bateau à Trinidad, j&#8217;ai descendu le Rio Mamoré pour débarquer le 29 à Guayaramerin, à la frontière du Brésil. Sans intentions aucunes de traverser la frontière.</p>
<p>Mon aventure, c&#8217;était le bateau. Et je suis bien tombé. Bon, pas la première fois, mais la deuxième, oui. Jai d&#8217;abord attendu 4 jours à Trinidad, un capitaine m&#8217;ayant promis son départ pour vendredi, puis samedi&#8230; puis mardi ! Après cette dernière rencontre, je suis retourné à Puerto Almacén. Une promenade sur la rive, quelques questions au sergent de la marine à la capitainerie, la recherche du bateau (pas trop difficile vu la quantité), un commandant qui accepte de me prendre à bord, un aller-retour à la ville pour récupérer mon sac à dos et me voilá embarqué.</p>
<p>Le bateau ? Le San Jorge. Un rafiot en bois d&#8217;environ 10 mètres par 4, premier étage style cargo, un gros moteur au diesel au milieu, et un deuxième étage avec une cabine pour le commandant, quelques tables, deux couchettes et trois hamacs. Dont le mien. L&#8217;équipage ? Un commandant, sa femme et leurs deux fillettes, quatres hommes, la fiancée de l&#8217;un d&#8217;eux, deux garçons et quelques poulets.</p>
<p>Bien sûr, ces bateaux ne voyagent pas 1000 km pour le simple plaisir d&#8217;être sur l&#8217;eau. Ils transportent des marchandises en tout genre et pour rentabiliser le voyage, ils remorquent (ou poussent) trois ou quatre bacs/cargos du même format. Dans notre cas, la marhandise principale était des vaches. Et oui, la région du Béni est une région de grands élevages, de cuir, de chapeaux de cowboys et de steaks saignants.</p>
<p>Mais&#8230; je prévois écrire un article sur ma descente de fleuve&#8230; Alors tant pis pour vous, je conserve l&#8217;exclusivité de cette histoire pour plus tard !</p>
<p>Arrivé à Guayaramerin, sous une chaleur amazonienne, je dois avouer que j&#8217;ai été tenté quelques instants par une traversée de quelques jours au Brésil. Mais après vérification, le voyage de retour vers Santa Cruz de la Sierra aurait pris trois jours en bus. L&#8217;avion a du bon, des fois&#8230; Et comme la liaison Guayaramerin/Santa Cruz se fait une fois semaine, précisément le lendemain, je suis resté un petit 24 heures là-bas. Le temps de visiter la ville , de boire une dizaine de jus de fruits/limonades/liqueurs et de me taper Delta Force II de Chuck Norris dans la salle de cinéma locale&#8230;</p>
<p>Le 30, petit vol en avion jusqu&#8217;à Santa Cruz. (Ici, on oublie le chemin, tout ce qui compte c&#8217;est la destination !) Il s&#8217;agit de la plus grande ville du pays, centre économique et industriel très développé. D&#8217;ailleurs, dans les conflits de mai-juin, la région de Santa Cruz était de l&#8217;autre côté de la balance: ils ne veulent pas des réformes sociales, ils veulent plus d&#8217;autonomie&#8230; les réserves d&#8217;hydrocarbures étant sous leurs pieds.</p>
<p>Après presque trois semaines dans les Yungas et le Béni, sur le fleuve et en Amazonie, j&#8217;ai pu laver mon linge&#8230; Ouf.</p>
<p>Pour vous dire comment Santa Cruz est développée, il y a de vrais supermarchés un peu partout. Et dans ces supermarchés, en fouillant un peu, on trouve pas 1, pas 2, mais jusqu&#8217;à 6 sortes de beurre de peanut !</p>
<p>Et enfin, j&#8217;ai pu voir <em>Di buen día a papá</em>, hier soir. Pour rester dans le même esprit, je repars dans quelques jours vers Vallegrande et La Higuera, où le film a été tourné et oú Ernesto Che Guevara est mort en 1967. Et ensuite Sucre. </p>
<p>Oh. 1er août. Premier jour de mon dernier mois. Wow.</p>
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		<title>De Trinidad</title>
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		<pubDate>Thu, 21 Jul 2005 22:21:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Moïse</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Pérou/Bolivie 2005]]></category>

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		<description><![CDATA[Et voilà, j&#8217;ai dépassé la moitié de mon voyage. Après plus de cinquante jours en Amérique du Sud (ce n&#8217;est pas tant que ça, au fond&#8230;), je me retrouve à Trinidad, capitale du Béni, deuxième plus grande province de la Bolivie, sirotant une Fanta (orangeade) bien froide et profitant de cette belle soirée hivernale à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Et voilà, j&#8217;ai dépassé la moitié de mon voyage. Après plus de cinquante jours en Amérique du Sud (ce n&#8217;est pas tant que ça, au fond&#8230;), je me retrouve à Trinidad, capitale du Béni, deuxième plus grande province de la Bolivie, sirotant une Fanta (orangeade) bien froide et profitant de cette belle soirée hivernale à 25ºC. Trinidad est aux limites de l&#8217;Amazonie: dans ce coin de pays, il n&#8217;est pas surprenant de croiser un homme avec carabine au dos et couteau à la ceinture. Ou un autre à vélo, avec une machette sur le guidon. En fait, l&#8217;ambiance tire plus sur le Far-West que sur les Andes dans cette région de grands élevages bovins. Et même si les charettes ne manquent pas, les cowboys boliviens ont remplacé le cheval par la moto.</p>
<p>Que de motos ! Dans les rues de Trinidad (80 000 habitants), on compte au moins 15 motos ou mobylettes pour une voiture. Et il doit bien en avoir la moitié qui sont des taxis, avec des chauffeurs tous identiques, jeans, t-shirt et  casquette, qui vous amènent où vous voulez en ville pour 2.50 bolivianos.</p>
<p>Je parlais de soirées hivernales plus tôt. En fait, je crois que je viens de passer au travers de l&#8217;hiver. Pendants trois jours, le ciel était couvert de nuages, il ventait et la nuit, il faisait un peu froid. Exceptionnel. Enfin, pour cette région, parce qu&#8217;en ce moment, dans les montagnes, il fait -10 la nuit. Sans aucun système de chauffage. Les nuits sont froides à La Paz&#8230;</p>
<p>Justement, j&#8217;ai eu droit à un petit moment bien québécois quand j&#8217;étais à La Paz. Un soir, j&#8217;ai allumé la radio et je suis tombé sur Radio-France International, qui diffusait en direct du Festival d&#8217;Été de Québec. Et oui, j&#8217;ai eu droit au merveilleux thème d&#8217;ouverture du Festival et, qui sait, peut-être vous ai-je entendu crier&#8230;</p>
<p>Ça se passait à l&#8217;hostal Carretero, ma meilleure maison de passage jusqu&#8217;ici. Parce que c&#8217;était une vraie auberge de jeunesse, comme on en voudrait dans toutes les villes. Juste le bon degré de saleté, une cuisine avec des vieilles casseroles noires et bosselées, une aire commune où il y a toujours quelqu&#8217;un avec qui discuter&#8230; juste en une soirée, j&#8217;y ai croisé 2 Colombiens, 1 Brésilienne, 1 Autrichienne, 2 Suisses, 1 Irlandaise, 3 Anglais, 1 Néo-Zélandais, 3 Argentins et quelques Boliviens des régions.</p>
<p>Alors que j&#8217;étais encore dans la capitale, je me suis rendu compte que mon visa de touriste de 30 jours ne me permettrait pas de réaliser tous mes plans. Je me suis donc levé un bon jour avec comme plan bien précis de changer un chèque de voyage, envoyer un colis à la maison, faire allonger mon visa à l&#8217;Immigration, passer au Consulat du Canada et finalement aller au marché&#8230; Ah fol optimisme !</p>
<p>Avant tout, un bon déjeûner. Une fois terminé, je me dirige vers la banque (Banco Mercantil, quel nom !), ou je suis redirigé au bureau de change Sudamer, qui me ferme dans la face. C&#8217;est vrai, de midi à 2h, il n&#8217;y a pas grand chose d&#8217;ouvert. Mais bon, pas de problème, je trouve un guichet automatique&#8230; qui est «incapable de réaliser la transaction». Le deuxième guichet est hors d&#8217;usage, mais quelques rues plus loin, un troisième accepte de me laisser sortir 300 Bolivianos. Génial, je me rends au Correo Central, où une gentille dame m&#8217;apprend que les envois  internationaux doivent recevoir l&#8217;approbation de la douane. Et la douane est fermée jusqu&#8217;à 14h45&#8230; Bon. Hop à l&#8217;Immigration, dans ce cas. «Vous avez besoin de photocopies de votre passeport puis vous devrez vous rendre à l&#8217;immeuble en face.» Quelques photocopies plus tard, le portier de l&#8217;Immigration II me renvoie à l&#8217;Immigration I, où on me renvoie à l&#8217;Immigration II, cette fois en me précisant le kiosque 12. À l&#8217;Immigration II, le portier tente d&#8217;abord de me renvoyer une autre fois en face, pour finalement me laisser entrer. Le kiosque 12 est fermé jusqu&#8217;à 2h&#8230; Je me décide à laisser passer le temps dans un café tout près, puis, arrivé 2h, je retourne voir mon joyeux portier. Le reste suit dans une merveilleuse enfilade de formalités, de signatures, de files et de formules de politesse, en passant du kiosque 12 au 9 puis au 8, où le préposé m&#8217;annonce (surprise) que le délai est de 24 heures et que je dois revenir le lendemain à 16h. Au moins ils ont mon dossier. Retour au  Correo Central, passage à la douane: «Non monsieur, avant de passer à la douane vous devez passer au contrôle des narcotiques.» Par chance il ne m&#8217;était jamais passé par la tête d&#8217;envoyer quelques kilos de cocaine au Canada&#8230; Une dame des narcotiques fait la revue complête de mon colis, qui est ensuite révisé par un douanier, pesé par un préposé, payé puis envoyé. Je suis crevé et ma journée se finit là. La maison des fous, ça vous dit quelque chose ?</p>
<p>Le 13 juillet, je suis parti de La Paz vers 8h avec une agence. Un peu plus loin, à La Cumbre (4700m), notre petit groupe de 6 touristes et 2 guides s&#8217;est équipé pour une descente en vélo de montagne. (Il semble que je suis chanceux pour les prix: le guide m&#8217;a discrètement demandé de ne pas dire aux autres que j&#8217;avais payé presque la moitié moins cher qu&#8217;eux&#8230;). La première partie de la descente n&#8217;était pas très compliquée, la route étant asphaltée. De la vitesse, des précipices, quelques camions&#8230; Mais une heure plus tard, après une petite montée (qui ne paraissait pas si petite que ça avec l&#8217;altitude), et une traversée de travaux routiers, le vrai défi a commencé. Parce que c&#8217;est à partir de ce point que commence pour vrai la route reconnue comme étant la plus dangereuse du monde (à cause du nombre impressionnant de véhicules (et de cyclistes&#8230;) qui plongent chaque année). Cette route ne tiendrait pas la comparaison avec mon 5e rang&#8230; Bien agrippé à mes freins, je  suis reparti avec le groupe. Deux heures plus tard, 63 kilomètres plus loin, 3500 mètres plus bas, un embouteillage, beaucoup de poussière, quelques frissons dans le dos et aucun accident, je suis arrivé tout tremblant à Yolosa. Après trois heures crispés sur les freins, les muscles de mes doigts (oui oui, les doigts ont des muscles) ont pris trois jours à s&#8217;en remettre. Et mes ampoules commencent à disparaître. Mais bordel que ça en valait la peine !</p>
<p>Quelques jours passés dans les Yungas (la région au Nord de La Paz à mi-chemin entre les Andes et la jungle)  puis je suis reparti vers Rurrenabaque, en Amazonie. Première partie du trajet sur le toit d&#8217;un minibus puis deuxième partie dans un bus presque confortable. Une quinzaine d&#8217;heures avec à ma gauche une maman et sa petite fille, et sur mes genoux leur petit chiot. Sans aucune ironie, c&#8217;était un vrai plaisir de pouvoir jouer avec Negra pendant ce long voyage cahoteux. À mon arrivée à Rurre, à 4 heures du matin, je me suis tapé une jasette d&#8217;une heure sur le coin d&#8217;un trottoir avec Negro Pinto, un ivrogne de la place.</p>
<p>Le plus gros attrait de Rurrenabaque, ce sont les tours dans la <em>selva</em> ou dans la <em>pampa, </em>faits sur mesure pour que le touristes puissent voir des crocodiles, couper quelques lianes à la machette et se sentir aventuriers pour de vrai. J&#8217;exagère peut-être le côté gringo, mais c&#8217;est l&#8217;impression que j&#8217;ai eu. Je me suis sauvé de là, reparti avec vers Trinidad. Ce fût une de mes meilleures décisions jusqu&#8217;ici, pour les géniales aventures que j&#8217;ai vécues ces derniers jours.</p>
<p>Une heure après être partis de Rurre, le minibus rempli à ras bord nous a lâché, un essieu tordu ou quelque chose du genre&#8230; Le chauffeur a tenté une réparationde fortune qui a lâché aussi une centaine de mètres plus loin. Une autre heure plus tard, je suis donc embarqué sur le dessus d&#8217;une van remplie de bois avec quelques autres passagers. Un voyage d&#8217;enfer, dans la poussière (je vous ai parlé de la comparaison entre ces routes et mon rang ?), le vent (l&#8217;hiver commencait), le froid et la faim (m&#8217;étant levé à la dernière minute, j&#8217;avais manqué le déjeûner). Cinq heures plus tard (pour 70 km), arrivée à Yucumo, où je suis embarqué dans un minibus pour San Borja avec mes compagnons d&#8217;infortune. C&#8217;était une van du style «Econoline» à 12 sièges. Nous étions 30. Et de ces 30, personne sur le toit, je vous le dis&#8230;</p>
<p>Finalement, un autre deux heures trentre de plus et je suis arrivé à San Borja. Mariela, une fille du coin qui venait de passer au travers de la même journée que  moi, m&#8217;a gentiment offert l&#8217;hébergement dans la maison de sa tante, ce que je n&#8217;ai même pas pensé refusé. Ce fût une merveilleuse petite pause de 24 heures avec une vraie famille locale, loin du circuit touristique habituel (qui ne passe même pas dans cette ville de toutes façons). J&#8217;ai dormi sous moustiquaire pour la première fois et j&#8217;ai mangé une soupe banane et boeuf dans cette petite cabane trois pièces, avec le coq, les poules, les chiens, le cochonnet et le perroquet dans les jambes, avec Mariela, ses trois tantes, son oncle, son frère et ses cousins. J&#8217;ai goûté à l&#8217;hospitalité bolivienne, l&#8217;authentique.</p>
<p>Le lendemain, j&#8217;ai attendu deux heures au poste de péage pour enfin me trouver une camionette qui allait vers Trinidad (jusqu&#8217;à San Ignacio, en fait). Roulé en boule dans la boîte, j&#8217;ai même dormi un peu. Une nuit à San Ignacio, un camion, quelques traversées de rivières et de fleuves en bac et me voilà à Trinidad.</p>
<p>D&#8217;ici, je veux partir vers Guayaramerin, à la frontière avec le Brésil. Six jours en bateau, sur le fleuve Mamoré, en pleine Amazonie. Je me suis arrangé hier avec le capitaine d&#8217;un vieux rafiot, qui devrait partir samedi.</p>
<p>Ah et puis l&#8217;OQAJ a même ouvert une page internet juste pour moi, quand même&#8230;</p>
<p><a href="http://www.oqaj.gouv.qc.ca/francais/n020705.html">http://www.oqaj.gouv.qc.ca/francais/n020705.html</a></p>
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		<title>La Paz</title>
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		<pubDate>Tue, 12 Jul 2005 19:03:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Moïse</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Pérou/Bolivie 2005]]></category>

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		<description><![CDATA[«Le jour n&#8217;est pas éloigné où trois drapeaux étoilés signaleront en trois points équidistants l&#8217;étendue de notre territoire: l&#8217;un au Pôle Nord, l&#8217;autre sur le Canal de Panama, et le troisième au Pôle Sud. Tout l&#8217;hémisphère sera, de fait, le nôtre, comme il l&#8217;est déjà moralement en vertu de la supériorité de notre race.» William [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>«Le jour n&#8217;est pas éloigné où trois drapeaux étoilés signaleront en trois points équidistants l&#8217;étendue de notre territoire: l&#8217;un au Pôle Nord, l&#8217;autre sur le Canal de Panama, et le troisième au Pôle Sud. Tout l&#8217;hémisphère sera, de fait, le nôtre, comme il l&#8217;est déjà moralement en vertu de la supériorité de notre race.»<br />
<em>William H. Taft, président américain, 1912 (tiré de Eduardo Galeano, Les veines ouvertes de l&#8217;Amérique latine</em></p></blockquote>
<p>Fort heureusement, cette prédiction ne s&#8217;est pas encore réalisée. Du moins, pas officiellement. Mais dans les faits, il faut bien admettre que l&#8217;empire américain a su étendre ses ramifications jusqu&#8217;au plus profond du plus petit village d&#8217;Amérique latine. Bien sûr, il y a les logos de Pepsi, Coca-Cola et autres multinationales qui recouvrent les murs des maisons. Mais il y a plus. On parle du rêve américain&#8230; Galeano a justement quelque chose à dire là-dessus: «En cours de route, nous avons perdu jusqu&#8217;au droit de nous appeler Américains&#8230;»</p>
<p>C&#8217;est ce qui m&#8217;a passé par la tête aujourd&#8217;hui quand j&#8217;ai voulu aller voir la première de <em>Di buen diá a papá</em>, à La Paz. Coproduction Bolivie-Argentine-Cuba, ce film présente la vie de la ville de Vallegrande, à travers trois générations de femmes, de 1967 à 1997. Vallegrande, c&#8217;est la ville bolivienne où on a ramené et enterré le corps d&#8217;Ernesto Che Guevara aprés son exécution, en 1967. Et c&#8217;est en 1997 que ses restes ont été exhumés. «Papá», c&#8217;était le nom de code que les soldats utilisaient pour désigner le Che. Et lui dire bonjour voulait dire l&#8217;exécuter.</p>
<p>Production très prometteuse, donc. Mais en arrivant devant les portes du cinéma, j&#8217;ai été accueilli par la tronche gigantesque de Tom Cruise et sa guerre des mondes. La sortie de <em>Di buen diá a papá</em> est reportée au mois d&#8217;août&#8230; Où est-elle, la vraie guerre des mondes ?</p>
<p>En dehors des cinémas, il y a des tonnes de choses à faire à La Paz. Une semaine que j&#8217;y suis, et j&#8217;ai à peine effleuré le potentiel de cette cité incroyable qui s&#8217;étend de 3000 à 4000 m d&#8217;altitude. Une semaine où à chaque jour, j&#8217;ai été irrémédiablement attiré vers les rues du centre, encombrées d&#8217;étals et de vendeurs de toutes sortes, de chiens qui dorment, de chiens qui jappent, de cireurs de chaussures (bien sûr), de soldats en uniforme qui transportent leurs 12 sur l&#8217;épaule, de familles de mendiants et de véhicules qui se disputent le passage. Un chaos effrayant, un chaos fantastique, un chaos charmant. Et on pourrait croire que toute la ville n&#8217;est qu&#8217;un gigantesque marché à ciel ouvert. Des rues de viande, des rues de lunettes de soleil, des rues de patates, des rues de DVDs piratés (certains films que j&#8217;y ai vus ne sont pas encore sortis nulle part), des rues de tout et de rien, beaucoup plus souvent de tout que de rien.</p>
<p>Et aujourd&#8217;hui je suis allé faire  un tour dans El Alto, la ville au-dessus de la ville, celle des plus pauvres et des Aymaras, d&#8217;où les mouvements de protestation du mois dernier sont presque tous partis. Encore là, des quartiers entiers de marchés, mais des gens beaucoup plus authentiques, des gens qui, la nuit, ne doivent pas faire de «rêves américains»&#8230;</p>
<p>Demain, très tôt, je monte jusqu&#8217;à La Cumbre (4700 m) en camion, puis je descends la «route la plus dangereuse du monde», jusqu&#8217;à Yolosa (1200 m), en vélo de montagne. Rien de plus qu&#8217;une petite descente de santé de 3500 mètres&#8230; Pensez à moi !</p>
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		<title>Arrivée en Bolivie</title>
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		<pubDate>Thu, 07 Jul 2005 15:28:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Moïse</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Pérou/Bolivie 2005]]></category>

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		<description><![CDATA[«La Bolivie, tout au long de son histoire, a produit des minerais bruts et des discours raffinés. La rhétorique et la misère y abondent; depuis toujours, des écrivains maniérés et des docteurs en redingote ont consacré leur vie à blanchir les coupables.» Eduardo Galeano, Les veines ouvertes de l&#8217;Amérique latine Lundi matin, j&#8217;ai traversé une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>«La Bolivie, tout au long de son histoire, a produit des minerais bruts et des discours raffinés. La rhétorique et la misère y abondent; depuis toujours, des écrivains maniérés et des docteurs en redingote ont consacré leur vie à blanchir les coupables.»<br />
<em>Eduardo Galeano, Les veines ouvertes de l&#8217;Amérique latine</em></p></blockquote>
<p>Lundi matin, j&#8217;ai traversé une frontière de plus. C&#8217;est en marchant tranquillement que je suis passé du Pérou à la Bolivie, le long d&#8217;un chemin poussièreux. Sur les rives du Lac Titicaca, à plus de 3800 m d&#8217;altitude, l&#8217;eau bout à 88ºC et les douaniers se foutent complètement de ce que vous avez dans votre sac à dos.</p>
<p>J&#8217;ai vécu à Arequipa pendant 15 jours. Arequipa, la Ciudad Blanca, bâtie de pierres volcaniques (blanches, bien sûr), entourée de volcans et maintes fois éprouvée par des séismes destructeurs. La ville de l&#8217;élite péruvienne, intellectuelle, artistique et politique. Et pendant les deux semaines que j&#8217;y ai passées, ville de grèves et de contestation.</p>
<p>Oh, rien à voir avec le soulèvement populaire bolivien du mois denier, mais quand même&#8230; Se sont alternés arrêts de travail, grèves, manifestations et autres protestations. Le secteur des transports a tout commencé, avec diverses réclamations concernant leurs conditions de travail et le prix des combustibles. La majorité des 15 000 taxis de la ville étaient en grève, les voies d&#8217;accès bloquées une journée, réouvertes le lendemain, bloquées pour trois jours&#8230; Un vrai cauchemar pour les autobus et les camions. Arequipa est devenue un lieu de transit à éviter. Puis se sont rajoutés aux protestataires divers mouvements sociaux et politiques, poussés par Patria Roja, un regroupement communiste péruvien. Sans doute excités par les récents mouvements en Bolivie, ils ont rajouté à leurs revendications la démission d&#8217;Alexandro Toledo, président du Pérou. Ça n&#8217;a pas dû choquer beaucoup de monde, son taux de popularité variant entre 6 et 8 %&#8230; Mais malgré  l&#8217;expansion des mouvements de protestation, il ne faut pas s&#8217;attendre à une révolution au Pérou. Les élections s&#8217;en viennent en 2006, et chaque groupe politique essaie de gagner des points auprès de la population. Les grèves générales sont habituelles dans ce coin du monde.</p>
<p>Et pendant ce temps, j&#8217;ai  étudié l&#8217;espagnol. J&#8217;ai passé des après-midi à lire dans un grand jardin, des soirées à me promener en ville, des matinées à conjuguer mes &laquo;&nbsp;preteritos&nbsp;&raquo;, et des [autre moment de la journée] à lire les journaux et en apprendre un peu plus sur le Pérou et la Bolivie.</p>
<p>J&#8217;ai fêté la Saint-Jean, aussi&#8230; Le 23 juin au soir, les propriétaires de l&#8217;école célébraient justement le premier anniversaire de la section &laquo;&nbsp;hôtel&nbsp;&raquo;. Tous les étudiants et professeurs étaient invités, ainsi que les étudiants de l&#8217;école de cuisine et leurs travaux pratiques. Merveilleuse soirée, où Armando (le directeur) m&#8217;a joyeusement initié à la consommation de Pisco pur. Ça, c&#8217;était après la bouteille de vin partagée avec deux amis étudiants et les cocktails (pisco sour et algarobina) des cuisiniers. Et avant la bouteille de Whisky sortie par Armando quand il s&#8217;est rendu compte que les quatre bouteilles de Pisco étaient vides. À la fin de la fête, je suis retourné tout heureux dans ma petite chambre et je me suis endormi en pensant au Québec, non sans avoir précédemment rendu au sol du Pérou son alcool national&#8230; Le lendemain, j&#8217;ai manqué mes premières heures de cours.</p>
<p>En deux semaines à Arequipa, j&#8217;ai pu visiter le Canyon de Colca, admirer de grands condors voler à quelques mètres de mon visage, faire la tournée des bars et cafés avec Jamel, un ami péruvien rencontré là bas, visionner &laquo;&nbsp;La guerre des mondes&nbsp;&raquo; le jour de sa sortie mondiale, expérimenter pour la première fois quelques uns des effets de la turista (je crois que mon organisme n&#8217;a pas trop aimé la St-Jean que je lui ai offert), rencontrer Juanita, petite fille inca retrouvée congelée au sommet d&#8217;un volcan, bien d&#8217;autres choses qui m&#8217;échappent et un des points forts de mon voyage, voir en spectacle Susana Baca, chanteuse afro-péruvienne, l&#8217;artiste du Pérou la plus célèbre hors du Pérou.</p>
<p>Et puis j&#8217;ai profité d&#8217;un relâchement dans les blocages de route pour partir de nuit vers Puno dimanche dernier. J&#8217;y suis arrivé vers minuit, mais la situation à venir pour le lendemain (d&#8217;autres grèves) m&#8217;a convaincue de repartir le plus tôt possible. Après quelques heures de sieste tout habillé sur mon lit d&#8217;hostal, j&#8217;ai pris le premier bus pour la Bolivie. Et après deux jours à Copacabana, de nombreuses rencontres, une visite de l&#8217;Île du soleil et quelques café-baileys, me voici à La Paz.</p>
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		<title>Veines ouvertes, miracles de la Maca et Fête de la musique</title>
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		<pubDate>Sun, 26 Jun 2005 22:02:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Moïse</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Pérou/Bolivie 2005]]></category>

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		<description><![CDATA[«Notre partie du monde, appelée aujourd&#8217;hui Amérique latine, s&#8217;est prématurément consacrée à perdre depuis les temps lointains où les Européens de la Renaissance s&#8217;élancèrent sur l&#8217;Océan pour lui rentrer les dents dans la gorge.» Eduardo Galeano, Les veines ouvertes de l&#8217;Amérique latine Quelques mots qui résument très bien le fil conducteur de ce livre qui, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>«Notre partie du monde, appelée aujourd&#8217;hui Amérique latine, s&#8217;est prématurément consacrée à perdre depuis les temps lointains où les Européens de la Renaissance s&#8217;élancèrent sur l&#8217;Océan pour lui rentrer les dents dans la gorge.»<br />
<em>Eduardo Galeano, Les veines ouvertes de l&#8217;Amérique latine</em></p></blockquote>
<p>Quelques mots qui résument très bien le fil conducteur de ce livre qui, même s&#8217;il n&#8217;est plus très jeune, mérite qu&#8217;on lui consacre une ou plusieurs lectures. La Contre-Histoire de tous ces pays au Sud du nôtre, de &laquo;&nbsp;ces terres magnifiques qui pourraient offrir à tous ce qu&#8217;elles refusent à presque tous&nbsp;&raquo;.  Depuis qu&#8217;un certain professeur d&#8217;anthropologie du Cégep de Sainte-Foy a confié ce vieux bouquin à son stagiaire pour son voyage au Pérou et que ce même stagiaire l&#8217;a mis entre mes mains avant de repartir au Nord, Eduardo Galeano me raconte le drame de son continent. C&#8217;est un livre de voyage incroyable que je vous conseille de lire où que vous soyez.</p>
<p>Livre de voyage, peut-être, mais depuis une semaine je le lis de façon très sédentaire. Lundi dernier, arrivé à Arequipa (sud du Pérou) depuis quelques jours, j&#8217;ai commencé des cours d&#8217;espagnol à raison de quatre heures par jour, cinq jours par semaine. Cette escale était totalement imprévue mais, malgré une progression assez intéressante de mon niveau d&#8217;espagnol en seulement trois semaines de voyage, j&#8217;ai senti que la valeur des mois à venir serait décuplée si j&#8217;apprenais comment accorder le verbe &laquo;&nbsp;voyager&nbsp;&raquo; au passé (et au futur, bien sûr). J&#8217;ai donc déposé mon sac à dos dans une belle petite chambre de la belle petite école de castillan/école de cuisine/hôtel &laquo;&nbsp;La Casa de Avila&nbsp;&raquo;, au centre d&#8217;Arequipa, deuxième plus grande ville du Pérou.</p>
<p>Mais bon, avant de me rasseoir sur les bancs d&#8217;école (qui sont ici des chaises et des tables de bois au milieu d&#8217;un jardin ensoleillé), je me suis quand même promené un peu. Deux jours de plus à l&#8217;oasis de Huacachina m&#8217;ont permis de pratiquer mes talents incontestables de surfeur sur sable et de lecteur sur hamac, avec en prime une virée à Ica en moto-taxi. Le 16 juin, après quelques heures d&#8217;attente dans un terminal de bus de Ica, bien diverti par Andy, une petite péruvienne vendeuse de chocolat complètement hyperactive et débordant d&#8217;affection, je suis parti vers le Sud en bus de nuit, service économique (c&#8217;est à dire sans services). Il faut dire que mon bus précédent entre Cusco et Ica m&#8217;avait un peu découragé des &laquo;&nbsp;services&nbsp;&raquo;, avec son déjeuner constitué de six délicieux biscuits soda&#8230;</p>
<p>Le service économique fut un bon choix semble-t-il, puisque j&#8217;ai pû manger mon propre déjeuner tout en écoutant avec un grand intérêt le discours d&#8217;un vendeur ambulant, sans même bouger de mon siège. Saviez-vous que la Maca est un aliment miracle, qui aide les étudiants à se concentrer, augmente la fertilité, est un viagra naturel, réduit les inconvénients de la ménopause, donne de l&#8217;énergie et élimine le stress ? Génial !</p>
<p>J&#8217;ai choisi une bonne journée pour arriver à Arequipa, puisque toute la ville célébrait la &laquo;&nbsp;Fête de la musique&nbsp;&raquo;, avec de multiples activités organisées par l&#8217;Alliance Française. Ainsi, en passant par la Plaza de Armas en après-midi, j&#8217;ai été témoin d&#8217;un long défilé de groupes scolaires en costumes, avec fanfares et confettis. Le soir, je me suis retrouvé dans la cour centrale de l&#8217;Alliance Française, devant une scène ou se succédaient les groupes locaux. De surprise en surprise, j&#8217;ai eu droit à la musique hindoue d&#8217;un groupe Hare Krishna, suivi d&#8217;un big-band, puis d&#8217;un groupe de jazz fusion (qui a trouvé le moyen de se faire couper les amplis après avoir tenté un rappel sans demande du public) et finalement un hommage à la chanson française avec une interprétation locale de Céline Dion et Édith Piaf !</p>
<p>Et ce n&#8217;était même pas tout&#8230; Il y avait des spectacles un peu partout dans la ville, avec tous les marchands et opportunistes divers qui essaient de profiter de l&#8217;occasion pour se faire quelques sous. Parmi les opportunistes, un groupe génial de saltimbanques, jongleurs, clowns et acrobates du Chili, de l&#8217;Argentine et de l&#8217;Afrique qui offraient leur spectacle sur la Plaza de Armas. Je me suis endormi avec un sourire contenté ce soir-là. Comme je suis encore à Arequipa pour une semaine, je raconterai ma visite du Canyon de Colca, mon train-train quotidien et ma Saint-Jean bien arrosée dans le prochain épisode&#8230;</p>
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		<title>D&#8217;un jour à l&#8217;autre</title>
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		<pubDate>Tue, 14 Jun 2005 22:16:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Moïse</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Pérou/Bolivie 2005]]></category>

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		<description><![CDATA[Vendredi soir, au retour du Machu Picchu, j&#8217;ai fêté et dansé avec mes amis québécois et nos guides péruviens au très sympathique et exotique bar Mama Africa de Cusco. Samedi, j&#8217;ai mangé un demi cuy rôti au four (un gros cochon d&#8217;inde avec les griffes, la tête et&#160;les dents, que le serveur nous offre de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Vendredi soir, au retour du Machu Picchu, j&#8217;ai fêté et dansé avec mes amis québécois et nos guides péruviens au très sympathique et exotique bar Mama Africa de Cusco.</p>
<p>Samedi, j&#8217;ai mangé un demi <em>cuy</em> rôti au four (un gros cochon d&#8217;inde avec les griffes, la tête et&nbsp;les dents, que le serveur nous offre de photographier avant de commencer à manger) dans un resto-terrasse de Cusco.</p>
<p>Dimanche matin, j&#8217;ai laissé aller mes pas et mes pensées dans les ruines de Chinchero, où j&#8217;ai rencontré une vieille dame et un lama, avant de revenir à Cusco en <em>collectivo</em>, un petit garçon endormi sur l&#8217;épaule et huit autres péruviens entassés dans la vieille bagnole.</p>
<p>Dimanche midi, j&#8217;ai mangé un bon repas au café-biblio Ukuku en écoutant du jazz afro-péruvien, tout en feuilletant &laquo;&nbsp;La ville et les chiens&nbsp;&raquo; de Mario Vargas Llosa.</p>
<p>Dimanche soir, j&#8217;ai exploré des livres divers sur le Pérou et la Bolivie, afaissé dans un fauteuil du café Le Nomade, en buvant tranquillement un thé à la menthe dans des effluves de shisha et au rythme engourdissant d&#8217;un rap/techno français.</p>
<p>Lundi matin, j&#8217;ai déjeûné au même Nomade, en compagnie d&#8217;Olivier, journaliste en sabbatique de France Inter.</p>
<p>Lundi soir, je me suis endormi dans un autobus entre quelque part entre Cusco et Ica, aux côtés d&#8217;un portuguais restaurateur d&#8217;oeuvres d&#8217;art.</p>
<p>Ce matin, je suis débarqué à Huacachina, petit oasis à quelques kilomètres de Ica, au milieu d&#8217;un véritable désert, brûlant le jour et très froid la nuit. Dans ma journée, j&#8217;ai fait du <em>buggy</em> à toute vitesse dans le désert avec des israéliens (l&#8217;un deux était roux et s&#8217;appelait Ronin), des québécois et un chauffeur italien et du <em>sandboard</em> dans les dunes avec un péruvien appelé Igor.</p>
<p>Pour finir, je me replonge dans &laquo;&nbsp;Les veines ouvertes de l&#8217;Amérique latine&nbsp;&raquo; de l&#8217;argentin Eduardo Galeano, confortablement calé dans un hamac, mon petit coeur québécois réchauffé par un vin local au goût de porto&#8230;</p>
<p>Premières positions au top 10 des chansons les plus inattendues entendues au Pérou:<br />
1. Remix techno de &laquo;&nbsp;Dur dur d&#8217;être un bébé&nbsp;&raquo;, dans un taxi de Cusco<br />
2. Version espagnole de &laquo;&nbsp;Le téléphone pleure&nbsp;&raquo;, de Claude François (ou François Claude ?), dans un café internet de Cusco</p>
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		<title>Le Machu Picchu se mérite</title>
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		<pubDate>Sun, 12 Jun 2005 21:54:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Moïse</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Pérou/Bolivie 2005]]></category>

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		<description><![CDATA[Huit jours plus tard et tant d&#8217;histoires à conter&#8230; (En fait, j&#8217;ai écrit un très long message mardi dernier mais le destin a voulu que le café internet perde sa connection trois secondes avant que je ne l&#8217;envoie&#8230;) Dimanche dernier, je suis arrivé à Cusco, capitale historique des incas et capitale actuelle des touristes. Oui, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Huit jours plus tard et tant d&#8217;histoires à conter&#8230;</p>
<p>(En fait, j&#8217;ai écrit un très long message mardi dernier mais le destin a voulu que le café internet perde sa connection trois secondes avant que je ne l&#8217;envoie&#8230;)</p>
<p>Dimanche dernier, je suis arrivé à Cusco, capitale historique des incas et capitale actuelle des touristes. Oui, cette ville de 250 000 habitants est remplie d&#8217;étrangers et une bonne partie de l&#8217;économie est axée sur ce marché, mais Cusco n&#8217;en perd pas pour autant son charme. Des toits recouverts de tuiles rougeâtres aux rues pavées de pierre, en passant par les murs incas et le panorama, on en oublie presque les marchands ambulants, les revendeurs de tours guidés, les gamins qui nous supplient d&#8217;acheter leurs cartes postales et les cireurs de chaussures&#8230; Dans le centre de Cusco, des péruviennes se promènent avec leur costume traditionnel et leur bambin/chèvre/lama et proposent aux touristes des photos pour quelques soles&#8230; C&#8217;est un gros cirque, mais un cirque qui se déroule dans la bonne humeur et qui a son charme bien particulier. D&#8217;autant plus que quelques minutes de marche suffisent pour se retrouver dans les quartiers locaux, aussi vivants mais beaucoup plus  authentiques, où l&#8217;on peut réellement sentir la culture péruvienne dans toute sa diversité.</p>
<p>C&#8217;est dans cette ambiance que j&#8217;ai retrouvé Dominic, sa copine Marie-Christine et leur ami Alexis dimanche soir dernier, avec comme objectif de vivre l&#8217;expérience du Machu Picchu ensemble. Il existe traditionnellement deux moyens pour s&#8217;y rendre: prendre le train de Cusco à Aguas Calientes (deux heures) pour ensuite monter sur le site en minibus avec la horde de touristes ou bien s&#8217;arranger avec une agence de voyages pour faire un trek de 2 ou 4 jours sur le Chemin de l&#8217;Inca. Nous voulions faire le trek, mais il n&#8217;y a plus aucune place disponible d&#8217;ici à la mi-août&#8230; Heureusement, des agences commencent à développer des treks alternatifs.</p>
<p>Mercredi dernier, nous nous sommes donc réveillés à 3h30 pour partir avec notre guide vers 4h&#8230; Le décalage péruvien aidant, nous avons quitté Cusco (3400m d&#8217;altitude) à 6h dans une minivan, en compagnie de notre guide Guido (!), d&#8217;un autre guide, du chauffeur, de deux hollandaises, d&#8217;une chilienne, d&#8217;une américaine et d&#8217;une belge. Les routes de montagnes montent, tournent, montent, tournent et montent encore, avant de redescendre, de tourner, de descendre, de tourner, de descendre, de tourner, de remonter&#8230; C&#8217;est à ce rythme que 4 heures plus tard, après avoir attendu une heure à un barrage de construction de la route, nous avons passé un col à plus de 4200 mètres&#8230; pour ensuite descendre dans la vallée sacrée des incas, beaucoup, beaucoup plus bas. De l&#8217;altiplano rocailleux, nous sommes passé à la selva, la jungle péruvienne.</p>
<p>En milieu d&#8217;après-midi, la minivan s&#8217;est arrêtée à Santa Maria, tout petit village perdu dans la verdure. Nos retards successifs ne nous permettaient pas d&#8217;entreprendre le trek de 7 heures comme prévu alors Guido nous a embarqué dans une autre van, avec un autre chauffeur, pour faire la moitié du chemin et finir la journée avec trois heures de trek.</p>
<p>Au passage, que ceux qui s&#8217;inquiétaient pour mon voyage de bus de Lima à Cusco soient rassurés: c&#8217;était un bus très moderne, avec deux chauffeurs, une hôtesse, des repas, l&#8217;air climatisé et un bingo aprés déjeûner&#8230;</p>
<p>Par contre, le voyage en minivan après Santa Maria valait à lui tout seul tous les clichés qui remplissent votre imagination, les cages à poules en moins. Pour les premiers kilomètres, le chauffeur a embarqué sur le toit une dizaine d&#8217;écolières, ce qui ne l&#8217;a pas une seconde empêché de rouler à 60 km/h dans les chemins de terre et de roche à flanc de montagne (au Pérou, les montagnes n&#8217;ont pas les flancs larges, mais pas du tout&#8230;). J&#8217;y ai découvert un nouvel usage du klaxon: avant de tourner, le chauffeur klaxonne un coup ou deux pour avertir de sa présence et si un camion qui vient en sens inverse fait la même chose, tout risque d&#8217;accident est évité. Assez régulièrement, il y a des petites croix sur le bord de la route&#8230;<br />
Des centaines de virages plus  loin, après avoir traversé une quinzaine de ruisseaux, croisé quelques camions et passé plus d&#8217;une fois à quelques pouces du bord des falaises, nous avons finalement quitté la van pour pénétrer dans la selva (une selva bien tranquille en comparaison avec celle plus à l&#8217;ouest, mais une selva tout de même&#8230;)</p>
<p>À la fin de la journée, après une pause bien méritée dans des bains thermaux le long de la rivière Urubumba, nous sommes arrivés à Santa Teresa, où nous avons passé la nuit. Le lendemain, départ à 6 heures pour grimper jusqu&#8217;en haut d&#8217;une montagne (3500m) par un ancien sentier inca, avoir un premier coup d&#8217;oeil lointain sur le Machu, redescendre, traverser l&#8217;Urubumba sur un petit pont, marcher 10 km sur une voie ferrée et finalement, 12 heures plus tard, arriver à Aguas Caliente en sens inverse de tout le monde. </p>
<p>Le lendemain matin, réveil à 4h, et début de la montée jusqu&#8217;au Machu à 4h30. Le site ouvre ses portes à 6h et tous les touristes qui ont passé la nuit à Aguas Caliente commencent à monter en bus vers 6h, par un chemin qui serpente sur une quinzaine de kilomètres, tandis que les marches de pierre montent directement. Ensuite, le flot de touristes qui arrivent par train de Cusco commencer vers 10h30. Ainsi, notre grimpette de 1h30 nous a permis de voir le lever  du soleil sur le Machu, en compagnie des autres grimpeurs et des trekkeurs du Sentier de l&#8217;Inca&#8230; C&#8217;était&#8230; une expérience&#8230; indescriptible&#8230;</p>
<p>Après une visite guidée du site, nous avons tenté la montée du Wayna Picchu, le pic montagneux que l&#8217;on voit derrière le site sur presque toutes les photos. Ardu, mais l&#8217;expérience en valait la peine. Je vous laisse les photos pour vous faire votre propre idée.</p>
<p>La suite, bientôt&#8230;</p>
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