<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Moïse Marcoux-Chabot &#187; Performances</title>
	<atom:link href="http://moisemarcouxchabot.com/categorie/archives/performances/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://moisemarcouxchabot.com</link>
	<description>Spécialisé en anthropologie visuelle et conception web, passionné de cinéma documentaire et de photographie, j&#039;explore l&#039;univers du documentaire transmédia.</description>
	<lastBuildDate>Wed, 22 Feb 2012 00:41:55 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.1</generator>
		<item>
		<title>Basta !</title>
		<link>http://moisemarcouxchabot.com/2009/04/11/basta/</link>
		<comments>http://moisemarcouxchabot.com/2009/04/11/basta/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 11 Apr 2009 21:23:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Moïse</dc:creator>
				<category><![CDATA[Archives]]></category>
		<category><![CDATA[Performances]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://moisemarcouxchabot.com/?p=345</guid>
		<description><![CDATA[Cette année, pour la nouvelle édition de l'Anthr'Acte, qui se déroulait au bar l'AgitéE, j'ai récité un texte constitué de dizaines d'extraits de chansons de Léo Ferré, accompagné par Stéphane Eduardo Longtin à la guitare.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;an dernier, pour le spectacle de fin d&#8217;année des étudiants et étudiantes en anthropologie, j&#8217;avais récité <a href="http://moisemarcouxchabot.com/2008/10/08/leo-ferre/">un medley de deux chansons de Léo Ferré</a>, accompagné par mon ami Stéphane Eduardo Longtin au didgeridoo et percussions.</p>
<p>Cette année, pour la nouvelle édition du même spectacle, qui se déroulait cette fois au bar l&#8217;AgitéE, je suis allé plus loin. J&#8217;ai assemblé un texte constitué de dizaines d&#8217;extraits de chansons de Léo Ferré, mais aussi d&#8217;extraits d&#8217;autres textes et de citations diverses. J&#8217;ai transformé certains des extraits, j&#8217;en ai traduit, je les ai découpé, réassemblé, modifié, désordonné. J&#8217;ai introduit des phrases de moi dans le lot.</p>
<p>Le texte final est à la fois un hommage à Léo Ferré, récité avec son style,  et un témoignage personnel des éléments les plus marquants de ma dernière année, accompagné par Stéphane Eduardo à la guitare. C&#8217;est aussi et surtout un appel à se libérer des oppressions que nous nous imposons nous-mêmes.</p>
<p><img src="http://moisemarcouxchabot.com/wp-content/uploads/article-345-1.jpg" alt="article-345-1" title="article-345-1" width="620" height="426" class="aligncenter size-full wp-image-347" /></p>
<p><strong>Basta !</strong><br />
<em>(Moïse Marcoux-Chabot et Stéphane Eduardo Longtin)</em></p>
<p>Les zones autonomes temporaires ne me suffisent pas.<br />
Je déclare ma tête zone autonome permanente.</p>
<p>J&#8217;émigrerai bientôt vers un pays caché.<br />
Et ne reviendrai plus.</p>
<p>Ni dieu, ni maître, ni rien, ni moi, ni eux ET BASTA!</p>
<p>Je vivais dans une sorte de malédiction confortable.<br />
Je m&#8217;étais arrangé pour ne rien laisser paraître jamais ni de mes angoisses, ni de mes envies, ni même de mes voeux les plus secrets.<br />
Je vivais masqué.<br />
Je vivais coincé.<br />
Le grand drame des solitaires c&#8217;est qu&#8217;ils s&#8217;arrangent toujours pour ne pas être seuls.</p>
<p>Ma solitude est ouverte aux tendresses.</p>
<p>Je connais des formules apprises par coeur.<br />
Elles m&#8217;inspirent et m&#8217;apeurent.</p>
<p>Ni dieu, ni maître, ni femme, ni amis, ni rien, ni moi, ni eux ET BASTA !</p>
<p>Filmer des êtres humains, peut-être&#8230;<br />
Filmer des êtres humains en vie, c&#8217;est résister, c&#8217;est révolutionnaire.<br />
Tu veux voir ce que je vais filmer ?</p>
<p>Viens avec moi, viens, je te ferai visiter un pays que tu ne connais pas, que personne ne connaît&#8230;<br />
C&#8217;est un pays fantastique, un pays merveilleux, imaginé, mis en images.<br />
Allez, viens.</p>
<p>C&#8217;est facile pour moi de te dire viens, moi, demain, je m&#8217;en vais, de toutes façons.<br />
On dit aux gens, allez, viens, mais au fond, on s&#8217;en fout.<br />
Mais là, y a peut-être un moyen&#8230;<br />
J&#8217;suis pas sûr mais j&#8217;t'apprendrai.<br />
Y a p&#8217;t'être un moyen, pour que tu viennes, avec moi, dans un pays fantastique, méconnu.<br />
Il est connu&#8230; actuellement&#8230; par moi, comme ça.<br />
Je le dis pas, je le dis qu&#8217;aux gens qui viennent à l&#8217;AgitéE, pour m&#8217;écouter.</p>
<p>Ceux qu&#8217;on a jugé criminels, qui sont dans les prisons des hommes, ils savent qu&#8217;ils sont en prison. Et puis, ils savent qu&#8217;ils peuvent cracher  mentalement à la gueule de ceux qui les y ont mis et qui les y maintiennent. Mais les autres, les citoyens, ils savent pas. Ils y pensent pas. Ils souffrent, sans savoir qu&#8217;ils sont en prison. Ils se rendent pas compte.</p>
<p>En ce moment, quelque part, une employé d&#8217;épicerie emballe des légumes génétiquement modifiés au lieu de sarcler le jardin dans sa propre cour.<br />
Un cuisinier se saoule après avoir préparé des tables d&#8217;hôte pour 100 clients au lieu de cuisiner avec ses colocataires.<br />
Une étudiante en anthropologie transcrit ses entrevues avec des squatteurs au lieu  de participer elle-même à des actions militantes.<br />
Un coordonnateur d&#8217;association, fatigué de sa journée de travail, écoute un mauvais film d&#8217;action pour avoir à réfléchir le moins possible.<br />
Un homme qui pourrait être en train d&#8217;explorer sa sexualité avec une partenaire se masturbe devant un vidéo porno, sur internet.<br />
Un supposé révolutionnaire recherche, toujours sur internet, les nouvelles des soulèvements sociaux dont il rêve.</p>
<p>Et basta&#8230;</p>
<p>Plus nous investissons de l&#8217;énergie à essayer de survivre dans les termes du système, plus il devient difficile de vivre en son dehors.</p>
<p>Et&#8230; si tu décrochais ?</p>
<p>Nous pouvons tous, chacun de nous, refuser les rôles qui nous sont imposés.<br />
Décrocher signifie refuser de dire la réplique que l&#8217;on attend de nous, nous extraire de ce qui nous angoisse et réclamer la mainmise sur nos vies.<br />
Si vous êtes étudiant, cela signifie rejeter les techniques de contrôle et de pouvoir de l&#8217;instruction institutionalisée, en faveur de l&#8217;éducation autonome.<br />
Si vous êtes amoureux, cela signifie refuser les attentes et les obligations de la romance conventionnelle.<br />
Si vous créez, cela signifie vous approprier les moyens de création et de diffusion et les utiliser en dehors de la logique capitaliste.<br />
Si vous consommez, cela signifie acheter moins, réduire vos besoins, manger les déchets des autres&#8230;<br />
Tout cela implique de ne pas plus accepter le rôle qu&#8217;on vous prescrit que d&#8217;imposer un tel rôle aux autres.</p>
<p>Et si vous avez déjà décroché, cela signifie trouver des façons de vous connecter à nouveau aux autres, en vos propres termes.</p>
<p>Voilà.</p>
<p>J&#8217;ai déjà dit &laquo;&nbsp;Il n&#8217;y a plus rien&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Le réveil sonne, première humiliation de la journée.<br />
C&#8217;est fantastique, les hommes mesurent le temps.<br />
La seconde. 1, 2, 3.<br />
Le 1/10 de seconde. 1.<br />
Le 1/100 de seconde. 1.<br />
La semaine de cinq jours. Bah&#8230;</p>
<p>Ni dieu, ni maitre, ni seconde, ni jour, ni mi-session, ni délais, ET BASTA !</p>
<p>Maintenant, je dis &laquo;&nbsp;Tout est possible.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Allez, viens. Je te propose autre chose. La semaine de toujours.<br />
Lundi, ce sera le jour de l&#8217;amour.<br />
Mardi, l&#8217;anarchie.<br />
Mercredi, le sourire.<br />
Jeudi, la paix.<br />
Vendredi, la tendresse, pas trop, parce que c&#8217;est souvent compliqué.<br />
Samedi on dort.<br />
Et dimanche, c&#8217;est comme tu veux.</p>
<p>Si..  si tu en as assez de subir les exclusions physiques et morales de gens qui reviennent ensuite te faire pleurer, parce que les histoires d&#8217;amour font pleurer, aussi&#8230;<br />
Si tu rêves qu&#8217;on cesse de s&#8217;inventer de fausses relations de dépendances<br />
parce qu&#8217;on a peur de notre solitude inextricable&#8230; Alors, viens avec moi, viens !<br />
Et au passage, lèche l&#8217;oreille des couples qui s&#8217;embrassent.</p>
<p>Ici, on est fidèles, parce que c&#8217;est l&#8217;usage. C&#8217;est tout.<br />
Mais&#8230; là-bas.</p>
<p>Là, tout n&#8217;est qu&#8217;ordre et beauté, luxe calme et&#8230; volupté&#8230; volupté&#8230;</p>
<p>La poésie sera totale. Ou ne sera pas.</p>
<p>Il importe que le mot amour soit rempli de mystère et non de tabou, de péché, de jalousie, de possession.<br />
JE PROVOQUE À L&#8217;AMOUR ET À L&#8217;INSURRECTION !<br />
YES ! I AM UN IMMENSE PROVOCATEUR !<br />
Je vous l&#8217;ai dit.<br />
Des armes et des mots c&#8217;est pareil.<br />
Ca tue pareil.<br />
Il faut tuer l&#8217;intelligence des mots anciens.<br />
Avec des mots tout relatifs, courbes comme tu voudras.</p>
<p>N&#8217;oubliez jamais que ce qu&#8217;il y a d&#8217;encombrant dans la morale, c&#8217;est que c&#8217;est toujours la morale des autres.</p>
<p>Pris dans la laisse des autres, nous sommes des chiens.  Et les chiens quand ils sentent leur heure venue, ils se dérangent. Ils se décolliérisent. Et posent leur os aux pieds du maître, qui ne comprend pas.</p>
<p>Je ne chante pas comme Ferré.<br />
Je ne danse pas comme un esclave libéré.<br />
Je ne slamme pas comme un révolté.</p>
<p>Je cause et je gueule comme un chien.</p>
<p>Les plus beaux chants sont les chants de revendications<br />
Le vers doit jouir dans la tête des gens.<br />
À l&#8217;école de la poésie, on n&#8217;apprend pas.<br />
ON SE BAT!<br />
ET BASTA !</p>
<p>Quand tu rentres chez toi, je parle à chacun de vous, quand tu rentres chez toi, après l&#8217;Anthr&#8217;acte, ne prends pas des habitudes&#8230;<br />
Avant de faire la révolution dans la rue, il faut la faire dans sa tête. C&#8217;est pour ça qu&#8217;on la fait pas dans la rue.<br />
Et n&#8217;oublie pas ce que je t&#8217;ai dit, ce que je vais te dire.<br />
Tous les jours. Tous les jours. Tous les jours. Au-dedans de toi. En parlant à n&#8217;importe qui, même à quelqu&#8217;un avec qui tu dois développer des phrasiologies à la con, sous prétexte qu&#8217;ils ont des machins, des cravates&#8230; Dis-toi bien une chose, mais dis-toi le toujours, toujours, à toi tout seul, dis-toi bien que le pouvoir, d&#8217;où qu&#8217;il vienne, C&#8217;EST VRAIMENT DÉGUEULASSE.</p>
<p>&#8230;</p>
<p>J&#8217;suis r&#8217;venu en courant parce que j&#8217;allais oublier de vous dire quelque chose. Dans ce pays là-bas, y a pas de chef.<br />
Y&#8217;a pas d&#8217;sous-chef.<br />
Y a pas de quart de chef.<br />
Y&#8217;A PAS DE HUITIÈME DE CHEF !<br />
PARCE QUE LE HUITIÈME DE CHEF, C&#8217;EST ENCORE LE POUVOIR DE LA MERDE !<br />
ET Y EN A MARRE, DU POUVOIR DE LA MERDE !</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://moisemarcouxchabot.com/2009/04/11/basta/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>5</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Léo Ferré</title>
		<link>http://moisemarcouxchabot.com/2008/10/08/leo-ferre/</link>
		<comments>http://moisemarcouxchabot.com/2008/10/08/leo-ferre/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 08 Oct 2008 06:05:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Moïse</dc:creator>
				<category><![CDATA[Archives]]></category>
		<category><![CDATA[Performances]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://moisemarcouxchabot.com/?p=283</guid>
		<description><![CDATA[Léo Ferré est admirable. Inimitable.
Pourtant, je n'ai pu résister, l'an dernier, à l'envie de l'imiter. Pour le faire connaître, pour que ses paroles incroyables tombent dans les oreilles de mes amis et d'inconnus, aussi.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[</blockquote>
<p><a href='http://moisemarcouxchabot.com/wp-content/uploads/article-283-1.jpg' rel='shadowbox[sbpost-283];player=img;'><img src="http://moisemarcouxchabot.com/wp-content/uploads/article-283-1.jpg" alt="" title="Léo Ferré" class="aligncenter size-full wp-image-284" /></a></p>
<p>Léo Ferré est admirable. Inimitable.</p>
<p>Pourtant, je n&#8217;ai pu résister, l&#8217;an dernier, à l&#8217;envie de l&#8217;imiter. Pour le faire connaître, pour que ses paroles incroyables tombent dans les oreilles de mes amis et d&#8217;inconnus, aussi. Lors du spectacle annuel des étudiants en anthropologie, au bar l&#8217;Ostradamus, j&#8217;ai récité un <em>medley</em> de deux chansons de Ferré, <em>Il n&#8217;y a plus rien</em> et <em>La solitude</em>. Mon ami Stéphane Eduardo m&#8217;a fait l&#8217;honneur d&#8217;accompagner musicalement cette lecture, au didgeridoo, bâton de pluie, djembe et claves.</p>
<p>Je recopie plus bas le texte récité tel que modifié par mes soins, pour créer le sens désiré dans l&#8217;union de ces deux chansons.</p>
<p>Pour écouter la version intégrale d&#8217;<em>Il n&#8217;y a plus rien</em>, chanson de révolte, anarchiste, par Ferré lui-même, suivez ce lien:<br />
<a href="http://www.dailymotion.com/video/xrv1c_leo-ferre-il-ny-a-plus-rien_music">http://www.dailymotion.com/video/xrv1c_leo-ferre-il-ny-a-plus-rien_music</a></p>
<p>Laissez-vous transporter par Ferré, il est impossible de le regretter&#8230;</p>
<p><strong>Il n&#8217;y a plus rien </strong><br />
<em>(Medley Moïse et Stéphane Eduardo)</em></p>
<p>Écoute, écoute&#8230;<br />
Dans le silence de la mer,<br />
il y a comme un balancement maudit qui vous met le coeur à l’heure,<br />
avec le sable qui se remonte un peu,<br />
comme les vieilles putes qui remontent leur peau, qui tirent la couverture.</p>
<p>Immobile&#8230; L’immobilité, ça dérange le siècle.</p>
<p>Je suis d&#8217;un autre pays que le vôtre,<br />
d&#8217;un autre quartier, d&#8217;une autre solitude.<br />
Je m&#8217;invente aujourd&#8217;hui des chemins de traverse.<br />
Je ne suis plus de chez vous.<br />
J&#8217;attends des mutants.<br />
Biologiquement je m&#8217;arrange avec l&#8217;idée que je me fais de la biologie:<br />
je pisse,<br />
j&#8217;éjacule,<br />
je pleure. Il est de toute première instance<br />
que nous façonnions nos idées<br />
comme s&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;objets manufacturés.</p>
<p>Je suis prêt à vous procurer les moules.<br />
Mais&#8230;<br />
La solitude&#8230;</p>
<p>Les moules sont d&#8217;une texture nouvelle, je vous avertis.<br />
Ils ont été coulés demain matin.<br />
Si vous n&#8217;avez pas, dès ce jour,<br />
le sentiment relatif de votre durée, il est inutile de vous transmettre,<br />
il est inutile de regarder devant vous<br />
car devant c&#8217;est derrière,<br />
la nuit c&#8217;est le jour.</p>
<p>Il est de toute première instance que les laveries automatiques, au coin des rues, soient aussi imperturbables que les feux d&#8217;arrêt ou de voie libre.<br />
Les flics du détersif vous indiqueront la case où il vous sera loisible de laver ce que vous croyez être votre conscience et qui n&#8217;est qu&#8217;une dépendance de l&#8217;ordinateur neurophile qui vous sert de cerveau. </p>
<p>Le désespoir est une forme supérieure de la critique.<br />
Pour le moment, nous l&#8217;appellerons &laquo;&nbsp;bonheur&nbsp;&raquo;,<br />
les mots que vous employez n&#8217;étant plus &nbsp;&raquo; les mots&nbsp;&raquo;<br />
mais une sorte de conduit<br />
à travers lequel les analphabètes se font bonne conscience. </p>
<p>Il n’y a plus rien.</p>
<p>Camarade maudit, camarade misère&#8230;<br />
Camarade tranquille, camarade prospère,<br />
Quand tu rentreras chez toi<br />
Pourquoi chez toi ?<br />
Quand tu rentreras dans ta boîte, rue d&#8217;Alésia ou du Faubourg<br />
Si tu trouves quelqu’un qui dort dans ton lit,<br />
Si tu y trouves quelqu’un qui dort<br />
Alors va-t-en, dans le matin clairet<br />
Seul.</p>
<p>Te marie pas !<br />
Sinon t&#8217;es coincé.<br />
Tu peux tout faire:<br />
T’empaqueter dans le désordre,<br />
pour l’honneur,<br />
pour la conservation du titre&#8230;</p>
<p>Le désordre,<br />
c’est l’ordre !<br />
moins le pouvoir.</p>
<p>Il n’y a plus rien.</p>
<p>Il n&#8217;y a plus rien.</p>
<p>Je suis un nègre blanc qui mange du cirage<br />
Parce qu’il se fait chier à être blanc, ce nègre,<br />
Il en a marre qu’on lui dise : &nbsp;&raquo; Sale blanc !&nbsp;&raquo;</p>
<p>Si tu savais ce que je sais<br />
On te montrerait du doigt dans la rue<br />
Alors il vaut mieux que tu ne saches rien<br />
Comme ça, au moins, tu es peinard,<br />
anonyme,<br />
Citoyen !<br />
Tu as droit, Citoyen,<br />
au minimum décent.</p>
<p>Les mots&#8230;<br />
toujours les mots, bien sûr !<br />
Citoyens, aux armes !<br />
A l’amour, Citoyens !<br />
Nous entrerons dans la carrière quand nous aurons cassé la gueule à nos ainés !<br />
Les préfectures sont des monuments en airain&#8230;<br />
un coup d’aile d’oiseau ne les entame même pas&#8230; C’est vous dire !<br />
Nous ne sommes même plus des martyrs nous ne sommes plus rien.</p>
<p>Les mots, nous leur mettons des masques, un bâillon sur la tronche<br />
A l’encyclopédie, les mots !<br />
Et nous partons avec nos cris !<br />
Et voilà !<br />
Il n’y a plus rien&#8230; plus, plus rien</p>
<p>Je suis un chien ?<br />
Perhaps !<br />
Je suis un rat.<br />
Rien.</p>
<p>Avec le coeur battant jusqu’à la dernière battue</p>
<p>Nous arrivons avec nos accessoires pour faire le ménage dans la tête des gens :<br />
&laquo;&nbsp;Apprends donc à te coucher tout nu !<br />
&laquo;&nbsp;Fous en l’air tes pantoufles !<br />
&laquo;&nbsp;Renverse tes chaises !<br />
&laquo;&nbsp;Mange debout !<br />
&laquo;&nbsp;Assois-toi sur des tonnes d’inconvenances et montre-toi à la fenêtre en gueulant des gueulantes de principe.<br />
Si jamais tu t’aperçois que ta&#8230;<br />
révolte s’encroûte et devient une habituelle révolte, alors,<br />
Sors<br />
Marche<br />
Crève<br />
Baise<br />
Aime enfin les arbres, les bêtes<br />
et détourne-toi du conforme et de l’inconforme<br />
Lâche ces notions, si ce sont des notions<br />
Rien ne vaut la peine de rien.</p>
<p>Il n’y a plus rien. Plus plus rien.</p>
<p>Même au soleil, surtout au soleil, c’est la nuit.<br />
Tu peux crever&#8230;<br />
Les gens ne retiendront même pas une de leur inspiration.<br />
Ils canaliseront sur toi leur air vicié en des regrets éternels puant le certificat d’études et le catéchisme ombilical.<br />
C’est vraiment dégueulasse<br />
Ils te tairont, les gens.<br />
Les gens taisent l’autre, toujours.<br />
Moi, je suis de la race ferroviaire qui regarde passer les vaches<br />
Au bout du compte, on nous élève pour nous becqueter<br />
Alors, becquetons !</p>
<p>Heureusement il y a le lit : un parking !<br />
Tu viens, mon amour ?</p>
<p>Te marie pas<br />
Ne vote pas<br />
Sinon t’es coincé<br />
Elle était belle comme la révolte<br />
Nous l’avions dans les yeux,<br />
Dans nos bras<br />
On l’appelait l’imagination<br />
Elle dormait comme une morte<br />
Elle était comme morte<br />
Elle sommeillait<br />
On l’enterra de mémoire</p>
<p>Dans le cocktail Molotov, il faut mettre du Martini, mon petit !</p>
<p>Transbahutez vos idées comme de la drogue&#8230;<br />
Tu risques rien à la frontière<br />
Rien dans les mains<br />
Rien dans les poches<br />
Tout dans la tronche !</p>
<p>-  Vous n’avez rien à déclarer ?<br />
-  Non.<br />
-  Comment vous nommez-vous ?<br />
-  Karl Marx.<br />
-  Allez, passez !</p>
<p>Nous partîmes&#8230;<br />
Nous étions une poignée&#8230;<br />
Bientôt, nous nous trouverons démunis,<br />
seuls, avec nos projets d’imagination dans le passé</p>
<p>Nous partîmes&#8230;<br />
Nous étions une poignée<br />
Bientôt ça débordera sur les trottoirs<br />
Prends du vin pour la route.</p>
<p>La parlote ça n’est pas un détonateur suffisant<br />
Le silence armé, c’est bien,<br />
mais il. faut. bien. fermer. sa. gueule.<br />
Regarde.<br />
Tes yeux en dedans de toi<br />
Quand tu auras&#8230; outrepassé ta vision<br />
Alors tu verras.<br />
Rien.<br />
Il n’y a plus rien.</p>
<p>Que les pères et les mères<br />
Que ceux qui t’ont fait<br />
Que ceux qui ont fait tous les autres<br />
Que les &laquo;&nbsp;monsieur&nbsp;&raquo;<br />
Que les &laquo;&nbsp;madame&nbsp;&raquo;<br />
Que les &laquo;&nbsp;assis&nbsp;&raquo;<br />
dans les velours glacés, soumis, mollasses<br />
Que ces horribles magasins roulants qui portent tout en devanture<br />
Tous ceux-là à qui tu pourras dire :</p>
<p>Monsieur !<br />
Madame !</p>
<p>Laissez donc ces gens-là tranquilles<br />
Ces courbettes imaginées que vous leur inventez<br />
Ces désespoirs soumis<br />
Toute cette tristesse qui se lève le matin à heure fixe<br />
pour aller gagner VOS sous, avec les poumons resserrés<br />
Les mains grandies par l’outrage et les bonnes moeurs<br />
Les yeux défaits par les veilles soucieuses&#8230;<br />
Et vous comptez vos sous ?<br />
Pardon&#8230;.<br />
LEURS sous !<br />
Ce qui vous déshonore<br />
C’est la propreté administrative, écologique dont vous tirez orgueil<br />
Dans vos salles de bains climatisées<br />
Dans vos bidets déserts<br />
En vos miroirs menteurs&#8230;<br />
Vous faites mentir les miroirs</p>
<p>Vous êtes puissants au point de vous refléter tels que vous êtes<br />
Cravatés<br />
Envisonnés<br />
Empapaoutés de morgue et d’ennui dans l’eau verte qui descend des montagnes et que vous vous êtes arrangés pour soumettre<br />
A un point donné<br />
A heure fixe<br />
Pour vos narcissiques partouzes.<br />
Vous vous regardez et vous ne pouvez même plus vous reconnaître<br />
Tellement vous êtes beaux&#8230;</p>
<p>Et vous comptez vos sous<br />
En long<br />
En large<br />
En marge<br />
De ces salaires que vous lâchez avec précision<br />
Avec parcimonie</p>
<p>Je veux dire&#8230;<br />
que pour exploiter votre prochain,<br />
vous êtes les champions de l’anonymat.</p>
<p>Les révolutions ?<br />
Parlons-en !<br />
Je veux parler des révolutions qu’on peut encore montrer<br />
Parce qu’elles vous servent,<br />
Parce qu’elles vous ont toujours servi ,<br />
Ces révolutions de &laquo;&nbsp;l’histoire&nbsp;&raquo;,<br />
Parce que les &laquo;&nbsp;histoires&nbsp;&raquo; ça vous amuse, avant de vous intéresser,<br />
Et quand ça vous intéresse, on vous dit qu&#8217;il est trop tard,<br />
qu’il s’en prépare une autre.<br />
Et quand on vous transbahute d’un &laquo;&nbsp;désordre de la rue&nbsp;&raquo;, comme vous dites, à un &laquo;&nbsp;ordre nouveau&nbsp;&raquo; comme ils disent,<br />
vous vous faites greffer au retour. Et on vous salue.</p>
<p>Depuis deux cent ans, vous prenez des billets pour les révolutions.<br />
Vous seriez même tentés d’y apporter votre petit panier,<br />
pour n’en pas perdre une miette, n’est-ce-pas ?<br />
Et ces &laquo;&nbsp;vauriens&nbsp;&raquo;, qui vous amusent, ces &laquo;&nbsp;vauriens&nbsp;&raquo;,<br />
qui vous dérangent aussi,<br />
on les enveloppe dans un fait divers<br />
pendant que vous enveloppez les &laquo;&nbsp;vôtres&nbsp;&raquo; dans un drapeau.</p>
<p>La race ça vous tient debout dans ce monde que vous avez assis.</p>
<p>Vous avez le style du pouvoir<br />
Vous en arrivez même à vous parler à vous-mêmes<br />
Comme si vous parliez à vos subordonnés,<br />
De peur de quitter votre stature,<br />
de peur<br />
qu’on vous montre du doigt dans les corridors de l’ennui<br />
et qu’on se dise :<br />
&laquo;&nbsp;Tiens, il baisse, il va finir par se plier, par ramper&nbsp;&raquo; soyez tranquilles !<br />
Pour la reptation, vous êtes imbattables;<br />
Vous voulez bien vous allonger mais avec de l’allure,<br />
Cette &laquo;&nbsp;allure&nbsp;&raquo; que vous portez, Monsieur, à votre boutonnière.</p>
<p>Je me demande comment et pourquoi la Nature met<br />
Tant d’entêtement. Tant d’adresse. Et tant d’indifférence biologique.<br />
A faire que vos fils. Ressemblent à ce point à leurs pères.<br />
Depuis les jupes de vos femmes matrimoniaires<br />
Jusqu’aux salonnardes équivoques où vous les dressez à boire,<br />
Dans votre grand monde,<br />
A la coupe des bien-pensants.</p>
<p>Moi, je suis un bâtard.<br />
Nous sommes tous des bâtards.</p>
<p>Ce qui nous sépare, aujourd’hui,<br />
c’est que votre bâtardise à vous est sanctionnée par le code civil<br />
Sur lequel, avec votre permission, je me plais à cracher,<br />
avant de prendre congé.<br />
Soyez tranquilles, Vous ne risquez Rien</p>
<p>Il n’y a plus rien<br />
Et ce rien, on vous le laisse !</p>
<p>Foutez-vous en jusque-là, si vous pouvez,<br />
Nous, on peut pas.<br />
Un jour, dans dix mille ans,<br />
Quand vous ne serez plus là,<br />
Nous aurons TOUT<br />
Rien de vous<br />
Tout de nous<br />
Nous aurons eu le temps d’inventer la Vie, la Beauté, la Jeunesse,<br />
Les Larmes qui brilleront comme des émeraudes dans les yeux des filles!<br />
Le sourire des bêtes enfin détraquées !<br />
La priorité à Gauche, permettez !</p>
<p>Nous ne mourrons plus de rien<br />
Nous vivrons de tout</p>
<p>Et les microbes de la connerie que nous n’aurez pas manqué de nous laisser,<br />
montant de vos fumures<br />
De vos livres engrangés dans vos silothèques<br />
De vos documents publics<br />
De vos règlements d’administration pénitentiaire<br />
De vos décrets<br />
De vos prières,<br />
Tous ces microbes juridico-pantoufles<br />
Soyez tranquilles,<br />
Nous aurons déjà des machines pour les révoquer</p>
<p>Nous aurons tout !<br />
Dans dix mille ans.</p>
<p>Nous aurons tout.<br />
Demain matin.</p>
<p>-/-</p>
<p>Vous avez aimé ? Je vous suggère de lire mon deuxième texte créé à partir des mots de Léo Ferré: <a href="http://moisemarcouxchabot.com/2009/04/11/basta/">Basta !</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://moisemarcouxchabot.com/2008/10/08/leo-ferre/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>5</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
<!-- This Quick Cache file was built for (  moisemarcouxchabot.com/categorie/archives/performances/feed/ ) in 0.27453 seconds, on May 19th, 2012 at 5:24 pm UTC. -->
<!-- This Quick Cache file will automatically expire ( and be re-built automatically ) on May 20th, 2012 at 5:24 pm UTC -->
